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Fiche technique :
Réalisation : Richard Fleischer – Scénario : Stanley Greenberg d'après le roman de Harry Harrison Make Room ! Make Room ! (1966) – Image : Richard H. Kline – Montage : Samuel E. Beetley – Musique : Fred Myrow - Distribution France (1974) : Cinema International Corporation. 

Avec :
Charlton Heston (le policier Thorn), Leigh Taylor-Young (Shirl), Chuck Connors (Tab Fielding), Joseph Cotten (William R. Simonson), Brock Peters (Chef Hatcher), Paula Kelly (Martha), Edward G. Robinson (Sol Roth).

Soleil vert (Soylent Green)

Etats-Unis d'Amérique, 1974, 97min.

Réalisation : Richard Fleischer

Biographie :

Richard Fleischer (Brooklyn 1916-Los Angeles 2006) fut un 'enfant de cinéma', fils du producteur de Popeye eBetty Boop. Brièvement acteur, puis monteur, son parcours de réalisateur (courts métrages, série B, puis films à budget) l'amène chez Walt Disney pour Vingt Mille Lieues sous les mers (1954), son début chez les grands. D'une filmographie de 50 titres, citons encore Les Vikings, 1962 (Kirk Douglas) ; Le Voyage fantastique,1966 (science-fiction) ; L'Étrangleur de Boston, 1968 (thriller) ;Tora ! Tora ! Tora !, 1972 (Pearl Harbor). Sa tentative 3D, Amityville : le démon, 1983 (troisième de 11 films sur le sujet à ce jour) fut un échec.

Résumé :

2022, dans un monde surpeuplé, pollué et misérable, le pouvoir appartient à l'entreprise géante Soylent qui produit aussi le viatique 'soleil vert' auquel les humains sont désormais accros. Le policier Thorn enquête, contré par le Système qui cache un secret, sur l'assassinat d'un ponte du régime. Son vieil ami Sol est seul à conserver le souvenir de la vie d'auparavant...

 

Analyse :

Le thème initial du roman de Harrison était la surpopulation incontrôlée et la famine, que palliait un aliment artificiel ("soja et lentilles"). Le film, réalisé dans la foulée du 'rapport Meadows' (Halte à la croissance, 1972) en prolonge le futur jusqu'à nos jours, y ajoutant pollution, épuisement des ressources et le mépris de l'humanité par un pouvoir totalitaire et brutal.

On mentionnera pour mémoire la romance du héros avec Shirl, les péripéties de son enquête ou sa transformation de séide corrompu en lanceur d'alerte prêt au sacrifice. L'intérêt du film tient au tableau dystopique qu'il brosse, particulièrement dans sa première demi-heure, d'un avenir que nous avons rejoint désormais. Sur le fond d'une inégalité violente qui laisse les masses dans une abjecte et désespérante misère, les ravages infligés à la société humaine prennent de nombreuses formes : alimentation artificielle et dénaturée, aggravée de pénuries ; rapports interpersonnels inhumains, comme ces femmes assimilées au mobilier des appartements qu'elle agrémentent, ou ces dégageusesanti-émeutes qui évacuent la populace par pelletées de bulldozer... monde déglingué, où tout se détraque et rien n'est réparé. Le mensonge au service du pouvoir évoque irrésistiblement la novlangue d'Orwell.

"Comment en sommes-nous arrivés là ?" Le curriculum de Simonson, le ponte assassiné, esquisse une généalogie du désastre, histoire d'entreprises industrielles se succédant par absorptions. Le vieux Sol Roth (merci à Edward G. Robinson pour son magnifique dernier rôle), seul témoin du monde d'avant, répond lui-même à sa question : nous avons laissé faire, par la facilité de l'inertie. Un argument qui prend sa force de nos jours face à des processus comme l'érosion de la biodiversité et le changement climatique. Dans Soleil vert, il n'est pas encore question de gaz à effet de serre, mais la canicule sévit, et les hivers frais ne sont plus qu'un souvenir.

Jacques Vercueil

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