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Fiche technique :
Réalisation :Luchino Visconti - Scénario : Visconti et Nicola Badaluccio, d’après l’œuvre de Thomas Mann - Musique : Gustav Mahler - Photographie : Pasqualino De Santis - Montage : Ruggero Mastroianni - Distribution France : Warner Bros France.

Avec :
Dirk Bogarde (Gustav Von Aschenbach) - Bjorn Andresen (Tadzio) - Silvana Mangano (la mère de Tadzio) - Marisa Berenson (Madame Von Aschenbach).

Mort à  Venise

Italie, 1971, 131min.

Réalisation : Lucchino Visconti

Biographie :

Luchino Visconti (1906-1976) est un réalisateur, acteur, scénariste italien. Après des débuts en 1936 avec Jean Renoir, il dirige son premier long métrage en 1942. Il est l’auteur de 22 films dont Senso (1954), Les Nuits blanches (1957, Lion d’argent à Venise), Rocco et ses frères (1960, Prix spécial de la Mostra). La reconnaissance internationale lui viendra avec Le Guépard (1963, Palme d’or à Cannes), Les Damnés (1969) et Mort à Venise (1971). Son oeuvre d’une grande richesse en fait une légende du cinéma.

Résumé :

Venise, années 1900. Pressé par ses médecins, le compositeur allemand Gustav Von Aschenbach va prendre quelque repos à l’Hôtel des Bains, sur le Lido. Pendant que souffle le sirocco et que bruissent des rumeurs d’épidémie de choléra, il y fait la rencontre de la Beauté, en la personne d’un jeune noble polonais, Tadzio.

Analyse :

Dans Mort à Venise, qui est parmi ses derniers films, on retrouve toutes les obsessions de Visconti, la vieillesse, la mort, l’amour, sa fascination pour la beauté et la jeunesse. Adapté d’un roman de Thomas Mann, sensible comme lui à la décadence du monde, ce film est un véritable chef d’œuvre ; un film parfait tant d’un point de vue cinématographique qu’esthétique, avec de magnifiques images, des décors somptueux, reconstitués avec le soin et l’art de la précision qu’on connaît à l’auteur. Avec très peu de dialogues, il est essentiellement centré sur les pensées de Gustav Von Aschenbach. Ce dernier affirmait à son ami Alfred que la beauté ne peut être spontanée mais seulement issue de l’imagination de l’artiste et engendrée par l’art. Et pourtant ! On assiste à la sidération du vieux compositeur devant cet adolescent sublime, blond, gracile, d’une beauté pure comme un ange de Raphaël. Il est l’innocence, la perfection vers laquelle il a tendu toute sa vie dans sa musique. Insoutenable éblouissement de la Beauté illustré par les vers de Platon, en exergue du film, « Celui dont les yeux ont vu la Beauté A la mort dès lors est prédestiné ». Peu de dialogues, tout se joue dans le regard de ce vieil homme qui exprime le choc de l’émerveillement, la crainte de ce sentiment et finalement son acceptation. Par une série de zooms avant et zooms arrière Visconti parvient à nous sensibiliser au trouble que suscite Tadzio chez le vieil homme. Les lents travellings nous disent la mélancolie d’un homme malade en fin de vie, touché par une beauté qu’il n’atteindra jamais comme cet horizon que désigne Tazdio à la fin du film, silhouette inoubliable qui se détache sur un si beau coucher de soleil annonciateur de mort. L’adagietto de la 5èmesymphonie du grand compositeur romantique Gustav Mahler ajoute à la fascination qu’exerce ce film en soulignant son atmosphère mélancolique, sombre et crépusculaire.

Il n’est pas facile d’exprimer dans le langage cinématographique l’éblouissement que provoque l’indicible beauté. C’est tout le talent du réalisateur qui a créé ce pur chef d’œuvre qu’on a toujours un immense plaisir à revoir. 

Marie-Jeanne Campana

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