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Fiche technique :
Réalisation : Thierry Demaizière, Alban Teurlai - scénario : Elsa le Peutrec, Thierry Demaizière, Alban Teurlai - Production : Falabracks, Tohubohu - Genre : documentaire.

Allons enfants

France, 2018, 60min.

Réalisation : Stéphane Demoustier

Biographie :

Thierry Demaizière est un journaliste français né en 1959. Il a été Grand Reporter à RTL. Il a travaillé pour TF1 (émission hebdomadaire Sept à huit). Il est aussi réalisateur et producteur de documentaires sur Netflix. Il travaille avec Alban Teurlai. Alban Teurlai, né en 1977, co-réalise depuis 2004 des documentaires avec Thierry Demaizière pour de grands diffuseurs français. En 2009, il fonde avec lui la société de production Falabracks.

Résumé :

Dans un grand lycée parisien du 3° arrondissement, le proviseur tente une expérience unique en France : intégrer des élèves de quartiers populaires, souvent en échec scolaire, grâce à une section sport/étude, inédite jusque-là, de danse Hip Hop

Analyse :

Savez vous qui est Christophe Barrand ? c’est un grand homme, c’est, en 2015, Monsieur le Proviseur du réputé lycée Turgot, en plein quartier du Marais à Paris. Et c’est Monsieur Barrand qui, sur l’idée d’un professeur d’EPS, a créé une section sport étude de HIP HOP dans son établissement. Depuis lors, des adolescents issus des banlieues ou des quartiers dits sensibles, le plus souvent empêtrés dans l’échec scolaire, peuvent intégrer ce prestigieux lycée grâce à leur talent de danseur. Ils y sont accueillis par une équipe pédagogique de profs passionnés par cette expérience éducative : prouver que mixité sociale, qualité d’enseignement et résultats peuvent cohabiter.

Le film nous montre des jeunes galvanisés par leur passion de danser, capables de se dépasser jusqu’à l’épuisement. Ils s’entrainent des heures dans le gymnase du lycée pour préparer les qualifications au Championnat de France. Bref, ils en veulent. Mais leurs résultats en enseignement général sont parfois désastreux. C’est pourquoi Monsieur Barrand les reçoit un à un dans son bureau à la fin du trimestre, il les écoute, les recadre et les encourage. Il croit en eux.

Ces ados, souvent qualifiés de « cas sociaux », sont, on le sait déjà, très chargés par leur passé : famille explosée, abandon, placement en foyer, vide culturel, désarroi. On s’attache peu à peu à Michelle, qui ne sait ni où ni quand elle est née quelque part en Afrique et qui sans sa mère adoptive, dit-elle avec émotion, serait déjà morte. Erwan dit que sa mère est la personne qu’il aime le plus au monde et celle qu’il déteste le plus aussi. Nathanaël, c’est le cancre de service qui se masque derrière ses dreadlocks bicolores et affiche une désinvolture sans bornes. Ces jeunes sont le portrait d’une génération, le reflet d’une part de la jeunesse française d’aujourd’hui : ils sont les « enfants de la patrie ».

L’expérience Turgot, c’est un acte de foi de cette école de la République, tellement décriée parfois, mais qui vit grâce à l’engagement sans faille d’enseignants qui croient en ce qu’ils ont à faire et s’efforcent de briser le déterminisme social. Et voilà un beau film nécessaire.

Françoise Lods

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