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Fiche technique :
Réalisateur : Sergueï Dvortsevoy. Scénario : Sergueï Dvortsevoy et Guennadi Ostrovsky. Photographie : Jolanta Dylewski. Montage : Sergueï Dvortsevoy et Petar Markovic.

Avec :
Samal Yeslyamova (Ayka), Zhipargui Abdilaeva (Chinara), David Alavverdyan (le logeur).

Ayka

0, 100min.

Prix du jury oecuménique Cottbus 2018

Réalisation : Sergueï Dvortsevoy

Biographie :

Né en 1962 au Kazakhstan (URSS), Sergueï Dvortsevoy a fait des études d’aviation et d’électronique avant de se former au cinéma et de réaliser des documentaires comme Paradise sur les nomades des steppes ou Highway sur le cirque. Il réalise son premier long métrage de fiction en 2008, Tulpan. L’actrice d’Ayka a reçu le prix d’interprétation féminine aux festivals de Cannes et d’Antalya (Turquie) en 2018.

Résumé :

En plein hiver, à Moscou, Ayka, une jeune Kirghize sans papiers s’enfuit de la maternité, abandonnant son bébé. Elle n’a pas les moyens de l’élever et doit retravailler le plus vite possible pour payer ses dettes. Alors que ses créanciers la menacent, elle essaie de trouver des solutions.

Analyse :

Tourné caméra à l’épaule, ce film coup de poing nous plonge dans l’univers rugueux, autant que captivant, de la capitale russe où les déneigeuses s’emploient à dégager les routes et à débarrasser les toits de la glace. Nos regards se portent que le destin d’une jeune immigrée dont le rêve est de monter un atelier de couture. L’idée du film a surgi d’un article évoquant le nombre considérable d’abandons de bébés kirghizes à la naissance à Moscou du fait de la misère. On saura peu de choses de la jeune Ayka, qui a été violée, et la dénonciation des malheurs des immigrants sans papiers a manifestement une portée universelle. C’est la version féminine du problème, encore plus dure, qui est traitée ici, avec beaucoup de réalisme. A peine accouchée, loin du bébé, Ayka souffre de mastite et de saignements, ce qu’elle s’efforce tant bien que mal de cacher à ses employeurs. On débarque très vite dans un atelier d’abattage de poulets où la main d’œuvre féminine et illégale ne sera pas payée. Ayka devient ensuite femme de ménage chez un vétérinaire où des bourgeoises montrent plus d’humanité pour leur chien que pour les employées esclaves et multitâches. Pour les pauvres et les immigrants illégaux, Moscou, ce n’est pas seulement la misère, le froid, les humiliations et les injustices, c’est aussi la corruption et la brutalité. A travers Ayka, revient le souvenir de Cosette et de Fantine, et plus récents, ceux de Rosetta (frères Dardenne, 1999) ou d’Adam (Mariam Touzani, 2019). En décernant le grand prix de Cottbus en 2018, le jury œcuménique notait qu’ "en montrant l’exploitation et la misère des immigrés, le film donne un visage aux sans visage ».

Françoise Wilkowski-Dehove

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