logo



PROtestants et FILmophiles

PROmouvoir les FILms dont la qualité artistique et humaine aide à la connaissance du monde contemporain


ACCUEIL - QUI SOMMES-NOUS ? - ACTIVITES - PUBLICATIONS - GROUPES - CRITIQUES DE FILMS - RADIO - EN SALLE - FESTIVALS






Fiche technique :
Alexander Mackendrick et Roger MacDougall - image : Douglas Slocombe - montage : Bernard Gribble - distribution (en France) : Gaumont Distribution.

Avec :
Alec Guinness (Sidney Stratton) ; Joan Greenwood (Daphné Birnley, la fille d'Alan) ; Cecil Parker (Alan Birnley) ; Michael Gough (Michael Corland).

L'homme au complet blanc (The Man in the White Suit)

1951, 85min.

Réalisation : Alexander Mackendrick

Biographie :

L'homme au complet blanc est le second film d'Alexander Mackendrick - après Whisky à Gogo (1949) mais avant Tueurs de dames (1955) - pour les studios Ealing où il resta 9 ans. Aux Etats-Unis, par la suite, après Le grand chantage (1957), il connut des déconvenues avec Au fil de l'épée (1959) et Les canons de Navaronne (1961) pour lesquels il ne put poursuivre le tournage et ne fut pas crédité. Il termina sa carrière comme enseignant dans une école de cinéma.

Résumé :

Sidney Stratton se fait régulièrement renvoyer des entreprises, où il travaille comme chercheur, pour ses idées fixes et farfelues. Il ne trouve du travail que comme manutentionnaire, mais se débrouille toujours pour accéder au labo et continuer ses recherches. Le dernier directeur qui lui avait fait confiance se laisse convaincre par ses pairs qu'un tissu inusable et intachable aboutira à la mort des entreprises textiles. Les syndicats adhèrent à ce point de vue.

Analyse :

La fin des années 40 marque l'arrivée sur le marché des Etats-Unis des fibres synthétiques qui vont lancer la mode du prêt-à-porter féminin, en simplifier l'entretien et en diminuer le coût, en particulier les bas de soie que portaient les élégantes vont disparaître totalement au profit de fibres plus résistantes. Le progrès incessant dans ce domaine nous fournit actuellement des vêtements en fibres dites 'intelligentes' qui, par exemple, conservent une mémoire de forme ou encore arrêtent les rayons ultra-violets. Les recherches sont menées le plus souvent dans des laboratoires publics pour des entreprises privées qui peuvent y financer des étudiants en thèse sur leurs projets. Dans ce film apparaissent des laboratoires d'entreprise où les chercheurs travaillent dans une certaine routine avec des moyens réduits.

Sidney Stratton est un chercheur acharné et solitaire. Il n'a pas l'intention de dévier de son projet. Les difficultés, les coûts, ne sont pas son problème. Même s'il pressent la rentabilité du produit fini qu'il a inventé, le tissu 'intachable' - il va essayer de le faire valoir auprès de l'équipe dirigeante - son but n'est pas intéressé : il veut créer. En cela le chercheur rejoint le poète. Il y a du Jacques Tati ou du Pierre Etaix en lui et Alec Guinness le rend parfaitement.

La traditionnelle lutte des classes est représentée d'un côté par la direction et les actionnaires, de l'autre par les responsables syndicaux qui, comme dans le cas de la recherche en entreprise, se sont installés dans un train-train bien rodé. Mais un personnage hors norme comme Stratton ne peut que bouleverser l'ordinaire, et, en tant que bouc émissaire, aboutir à concilier des intérêts qui semblaient divergents.

La base de la réconciliation nous la connaissons aujourd'hui dans l'obsolescence programmée : les produits manufacturés que nous achetons ne sont prévus que pour une durée de vie limitée, de manière à créer rapidement de nouveaux besoins, ce qui apporte aux entreprises l'assurance du renouvellement du produit par le consommateur.

Le complet blanc, symbole de pureté, isole Stratton de ses collègues et de sa hiérarchie en le rendant d'autant plus visible. Si la tenue de L'homme au complet blanc ne prend pas une tache, le thème du film n'a pas pris une ride. Et le départ solitaire de Stratton dans son vêtement immaculé mais déchiqueté nous emplit d'espérance : il semble avoir déjà une idée de solution.

Nicole Vercueil

Autres articles sur ce film