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Fiche technique :
 - Photographie : Karine Aulnette, Prisca Bourgoin, Lætitia Carton et Laurent Coltelloni - Son : Nicolas Joly et François Waledisch - Montage : Rodolphe Molla - Production : Jean-Marie Gigon - Distribution : Pyramide Distribution

Le Grand Bal

2018, 99min.

Réalisation et scénario : Laetitia Carton

Biographie :

Laetitia Carton est une réalisatrice documentariste française, née 1974 à Vichy. Elle a suivi l'enseignement de l'école supérieure des beaux-arts de Clermont-Ferrand puis s’est consacrée au cinéma. Elle découvre le documentaire de création et s’y consacre. Son troisième film intitulé J'avancerai vers toi avec les yeux d'un sourd (2016) concerne la communauté des sourds et la langue des signes. Passionnée de danse traditionnelle, Laetitia Carton fréquente depuis plusieurs années le Grand Bal de l'Europe, qui attire chaque été plusieurs milliers de participants à Gennetines, en Auvergne. 

Résumé :

Le film raconte le bal de Gennetines à travers ses danseurs, ses musiciens, les histoires et les rencontres qui s'y font et défont...

Analyse :

Je craignais en allant voir ce film de me lasser à ne voir que des scènes de bal. Bien sûr il y a un précédent prestigieux avec « Le bal » d’Ettore Scola. Mais dans ce dernier cas c’est un film de fiction où toutes les situations sont construites et jouées pour illustrer des contextes historiques à travers des scènes de bal. Ici, Laetitia Caron n’invente rien en ce qui concerne les situations. Il s’agit bien d’un documentaire mais sur un événement qui dure 8 jours l’été à Gennetines dans l’Allier. Là, les danseurs peuvent danser jour et nuit, accompagnés de différents groupes de musiciens. Des ateliers leur permettent de s’initier à ces danses traditionnelles On devine alors que la réalisatrice peut varier les points de vue, les cadrages, des plans larges sur la salle de bal comme des gros plans sur les pieds, les mains, les visages, aussi bien sur les personnes qui dansent que sur celles qui jouent des instruments ou qui chantent. 

Ce qui est fascinant ce sont les rythmes dans lesquels on entre (au moins intérieurement) et qui nous font participer à une sorte de transe collective.

Un thème traverse le film : la danse est une des rares situations collectives où l’on se touche, et cette approche corporelle est mise en valeur avec des jeunes, des plus vieux, d’origines nationales diverses, et de milieux sociaux variés, qui s’interrogent parfois sur « jusqu’où oser ». Car il y a quelques scènes non dansantes où chacun évoque ce à quoi il pense, les questions qu’il se pose sur les rapports hommes/femmes, jeunes/vieux, sur ce que produit chez eux l’intériorisation des rythmes et de la musique. 

Sans les musiciens ce film n’existerait pas. La réalisatrice a réussi à faire entendre un maximum de styles différents, du trad au folk, voir néo-trad. Des scottishs, des mazurkas, un congò, une bourrée à 3 temps, une gavotte de l’avent (de Grenoble !), un hanter dro, des valses, un cercle circassien… Ceux qui pratiquent épisodiquement ces danses traditionnelles les reconnaîtront. Les autres découvriront différentes façons de se mouvoir, en couple ou en groupe. Quelques images d’archives font apparaître l’ancienneté de ces danses et leur ancrage dans la vie rurale. 

Film sur la joie, l’allégresse de se mouvoir ensemble et de s’accorder dans le mouvement auquel le spectateur finit par avoir l’impression de participer.

Maguy Chailley

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  • Emission Ciné qua non du 21 novembre 2018 (M. Chailley, C. Bonnet, A. Lafont et G. Dubois)