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Fiche technique :

 - Scénario : Amichai Greenberg - Photographie : Moshe Mishali - Musique: Marnix Veenenboos - Distribution France: Condor distribution

 

Avec :

Ori Pfeiffer (Yoel), Rivka Gur (la mère), Ori Yanik (Micky)

 

Les témoins de Lendsdorf (The Testament)

Israël, Autriche, 2019, 94min.

Prix du jury officiel, Festival international du film d'histoire, Pessac 2018

Meilleur film, Compétition longs-métrages israéliens, Haïfa 2017

 

Réalisation : Amichai Greenberg

Biographie :

Amichai Greenberg est un réalisateur israélien, diplômé de la Maale film school de Jérusalem. Son film de fin d’études a été projeté dans de nombreux festivals. Les témoins de Lendsdorf, qui est son premier long métrage, a obtenu le prix du public au festival du film israélien de Paris en 2017 et le prix du scénario au festival de Pékin. 

Résumé :

Yoel est un historien juif orthodoxe. Il enquête, dans le musée de l’Holocauste à Jérusalem, sur un massacre qui aurait eu lieu dans le village de Lendsdorf, en Autriche, en mars 1945 (d’après des faits réels). D’abord patientes, ses recherches s’accélèrent lorsqu’il se voit assigner un ultimatum : faute de preuves tangibles des faits supposés, le site sera bétonné sous quinzaine.

Analyse :

« Le propre de l’Homme, c’est l’oubli », relève Joel : partant de cette conviction, le réalisateur, qui a mis dix ans à faire son film, l’a bâti sur deux recherches de mémoire, l’une historique, l’autre personnelle. La première prend la forme d’une enquête destinée à recueillir les preuves du massacre de 200 juifs à la fin de la Deuxième guerre mondiale : il faut retrouver les derniers témoins, analyser les archives, fouiller le sol, vaincre l’abolition de la mémoire et, enfin, examiner la légitimité de ces recherches. Tout ce début est mené etfilmé comme un thriller : actions, rebondissements, suspense, caméra nerveuse au plus près des visages des témoins et des enquêteurs. Ce travail d’investigation est d’autant plus passionnant que la question de l’Holocauste est rarement abordée dans le cinéma israélien. 

Dans un deuxième temps, Amichai Greenberg a ajouté une dimension intime. Au cours de ses travaux, Yoel, qui habite chez sa mère depuis son divorce, tombe par hasard sur un témoignage de cette dernière, déclarant, dans une interview, qu’elle n’est en fait pas juive : elle a été adoptée à l’âge de quatre ans par une famille juive dans laquelle elle s’est fondue. A ce titre, elle a été déportée dans un camp de concentration où elle a pris une fausse identité. Chez un juif pieux comme Yoel, cette révélation s’avère un véritable traumatisme : selon la loi hébraïque, sa mère n’étant pas juive, il ne peut plus se considérer comme juif. Les tourments de Yoel quand il révèle cette vérité aux rabbins, à sa sœur, à son fils et à ses collèges, sont particulièrement bien analysés et filmés notamment grâce l’interprétation de l’acteur principal, Ori Pfeiffer. Nous sommes complètement impliqués dans ces deux drames qui s’interpénètrent et résonnent l’un dans l’autre, ce qui fait toute la spécificité et la force de ce film profondément humain.

Jean Wilkowski

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