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Fiche technique :
Réalisation et scénario, Eric Toledano et Olivier Nakache ; image, Antoine Sanier ; montage, Dorian Rigal-Ansous ; distribution France, Gaumont Distribution.

Avec :
Vincent Cassel (Bruno), Reda Kateb (Malik), Hélène Vincent (Hélène), Bryan Mialoundama (Dylan)

Hors normes

France, 2019, 114min.

Réalisation : Eric Toledano, Olivier Nakache

Biographie :

Eric Toledano et Olivier Nakache, amis d'enfance, se lancèrent ensemble dans le cinéma, avec des courts métrages dont le second, Les Petits souliers, les fit remarquer : sélection au festival de Clermont-Ferrand, Prix du public à celui de Paris (1999). Le duo passera au long métrage avec Je préfère qu'on reste amis (2005) ; l'année suivante Nos jours heureux (2006) connaitra le succès public et critique. Le triomphe viendra avec leur quatrième,Intouchables (2011), porté par Omar Sy et François Cluzet. Furent bien reçus aussi Samba (2014) puis Le Sens de la fête (2017). Hors normes est leur septième collaboration.

Résumé :

Bruno est le moteur d'une association qui prend en charge des individus que leur grave handicap mental rend insupportables, et souvent dangereux. Malik quant à lui s'occupe de jeunes en dérive dans les cités, et leur engagement dans la mission de Bruno les aide à retrouver une dignité. Face à cela, les institutions peinent à accepter...

Analyse :

Du fait de son sujet, cette docu-fiction est très dure, presque insoutenable, malgré les gags et plaisanteries qui tentent d'alléger l'atmosphère. Le spectacle de ces malheureux enfermés chacun dans sa souffrance et son cauchemar, une forme effrayante d'autisme ; l'absence d'espoir de guérison ; l'impuissance des proches, des institutions, des soignants, à faire autre chose qu'aider le temps à passer et protéger les patients et l'entourage contre la violence qui est 'leur seul moyen de communiquer'... tout cela est rendu certes avec décence, mais avec un réalisme cruel. Les interprètes sont, dans tous les rôles, un panaché d'acteurs, de 'vrais autistes' et de 'vrais jeunes'.

Face à cela, les deux protagonistes, Bruno et Malik, campent des figures héroïques affrontant sans se décourager un adversaire invincible. L'association qu'a fondée Bruno 'récupère' celles et ceux, jeunes pour la plupart - mais cela ne dure pas toujours... - que plus personne ne veut ou ne peut gérer, ou offre des 'sorties' à des patients strictement enfermés le reste du temps. Le principe d'intervention "1+1" - à chaque patient est associé un 'référent' qui l'accompagne à tout instant et avec qui s'établit une relation de précaire confiance - oblige à mobiliser de nombreux intervenants : ce que permet le couplage avec l'autre assoce, celle animée par Malik, qui met des jeunes volontaires à disposition pour s'essayer à cette impossible tâche.

Financer l'opération, assurer la formation de ces jeunes, fournir les garanties habituellement exigées pour ce genre d'interventions... tout cela est bien sûr hors de portée, mais l'alternative ne peut être que l'enfermement physique ou chimique. Dans ce tableau désespérant, l'unique lueur - éblouissante - est le courage inébranlable des deux protagonistes, leur acharnement à reconnaître et aimer leurs semblables chez des êtres qui pourraient les faire fuir, ainsi que l'engagement de nombreux jeunes dans une démarche altruiste qui les aide à se reconstruire. Le film met aussi en scène une paisible cohabitation entre juifs et musulmans, idée certes louable mais sans rapport avec le sujet principal.

 

Jacques Vercueil

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