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Fiche technique :
Réalisation et scénario : Yuri Bykov. Directeur de la photographie : Vladimir Ushakov. Montage : Anna Krouty. Effets spéciaux : Oleg Dokin. Chef décorateur : Sergey Rakutov. Musique : Anna Drubich. Distribution France : Kinovista, Bac Films

Avec :
Denis Shvedov (Le Gris), Vladislav Abashin (La brume), Andrey Smolyakov (Kalouguine), Aleksandr Bukharov (Terekhov), Dmitri Kulichkov (La Vérole), Yvan Yankovski (Vovka), Yuri Tarasov (Joyeux)

Factory (The Factory/Zavod)

Arménie, Russie, France, 2018, 109min.

Réalisation : Yury Bykov

Biographie :

Youri Bykov, né en 1981 dans la région de Riazan (Russie), est un acteur, homme de théâtre, monteur, réalisateur et compositeur qui dénonce dans ses films la corruption en Russie. Ses principaux longs-métrages sont : Le Major (2013, 3 prix à Shanghaï), L’Idiot (2014, prix à Sotchi-Russie, Biarritz, Les Arcs…), Factory (Meilleur scénario au festival du film policier de Liège) et Le gardien (2019).

Résumé :

La direction d’une usine annonce aux ouvriers qu’elle va fermer parce qu’elle n’est plus rentable. Effrayés par la perspective du chômage et de la misère, un groupe d’ouvriers, menés par un ancien militaire, Le Gris, décide alors de kidnapper le directeur afin d’obtenir une rançon, un dédommagement.

Analyse :

Autour de la brutale fermeture d’une usine métallurgique, qui n’est pas nommée, le réalisateur nous plonge dans un drame qui va concerner des dizaines de salariés et leurs familles, dressant au passage des portraits un peu manichéens, d’hommes fatigués, pauvres et pas très heureux. Dans cette usine tellement en ruine qu’on la croirait désaffectée, mais très ‘photogénique’, le drame tourne vite au polar et la prise d’otage ainsi que les négociations finiront pas donner lieu à un véritable état de siège, le temps d’une nuit. Presque tout le film se déroule sous des lumières artificielles ou des phares de voitures, dans le décor lugubre d’un atelier abritant de vieilles machines ou dans la cour, froide et boueuse. La tonalité est sombre et la noirceur totale. Très bien dirigés, les acteurs excellent dans une des premières scènes, poignante, où les ouvriers évaluent leurs perspectives d’avenir. Le réalisateur reprend un schéma semblable à celui de son film précédent, L’idiot, dans lequel le héros s’efforçait toute une nuit de faire évacuer un immeuble menaçant de s’écrouler. Dans les deux films Yuri Bykov montre l’impuissance des plus faibles face à la corruption de dirigeants invisibles et tout puissants. La violence de la situation éclate dès le début dans Factory quand les ouvriers de l’ancienne usine soviétique sont confrontés à l’oligarque local qui l’a rachetée vingt ans plus tôt, sans investir un kopeck et sans se préoccuper de son avenir. Ce dernier montre une certaine dignité pendant sa détention, sûr qu’il est de s’en sortir, grâce à sa police privée et à ses réseaux puissants, et face à l’amateurisme de ses geôliers. La tension ne faiblit jamais, alimentée par une musique haletante où se mêlent des bruits d’outils. Le dénouement est déroutant, la confrontation entre Le Gris et son patron dépassant le registre de la lutte des classes pour toucher aux questions de la justice et de la condition humaine.

Françoise Wilkowski-Dehove

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