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Fiche technique :
Réalisation et scénario : Pema Tseden ; photographie : Lu Songye ; son : Payman Yazdanian ; montage : Liao Songye et Jin Di ; distribution : Condor Distribution.

Avec :
Avec Sonam Wangmo, Jinpa, Yangshik Tso, Konchok, Dudul, Druklha Dorje, Palden Nyima, Kunde.

Balloon (Qiqiu)

Chine, 2019, 102min.

Réalisation : Pema Tseden

Biographie :

Né en 1969 dans une famille de nomades tibétains, il découvre Charlie Chaplin lors de projections dans son village. Diplômé de littérature tibétaine, il travaille comme instituteur et traducteur, puis se lance dans l’écriture. Il étudie le cinéma grâce à une bourse. Son film de fin d’études, Pâturages (22 min.) reçoit de nombreux prix. Mettant l’accent sur la préservation de la culture tibétaine, plusieurs de ses films eront primés : Le Silence des pierres sacrées (2005), Sur la route (2009), Le Vieux Chien (2011), Tharlo (2016) et Jinpa en 2019. En 2016 il a été arrêté et torturé par les autorités chinoises, ce qui provoqua une vague de protestation dans les milieux académiques et artistiques.

Résumé :

Au cœur des étendues tibétaines, Drolkar et son mari élèvent des brebis, tout en veillant sur leurs trois fils. En réaction à la politique de l’enfant unique imposée par Pékin, elle s’initie en secret à la contraception, pratique taboue dans cette communauté traditionnelle. La maigre réserve de préservatifs qu’elle se procure au compte-gouttes devient alors son bien le plus précieux. Le jour où elle surprend ses enfants en train de jouer dehors avec les «ballons» volés sous son oreiller, Drolkar sait aussitôt qu’elle va devoir tout affronter : les reproches des aînés, le poids de la tradition, le regard des hommes. Et une naissance à venir.

 

Analyse :

Inspiré de son roman éponyme, Pema Tseden a choisi de tourner ce film dans les environs du lac Qinghai dans le nord-ouest de la Chine, un film presque méditatif, bercé par des paysages majestueux et des visages burinés, souvent en gros plans, pleins d’humanité. Le réalisateur raconte cette histoire simple avec beaucoup de tendresse et d’humour. La vie à la campagne au Tibet où les paroles sont rares s’écoule paisiblement et les préoccupations sont celles de tous les jours : éduquer les enfants, s’occuper des aînés, assurer les repas, s’aimer. Les relations humaines sont chaleureuses, pudiques. Une sœur est devenue nonne, on se doute de ce qui a pu lui arriver, mais c’est tu.

Quand Drolkar devient enceinte, on ne sait pas quelle décision elle prendra finalement, prise entre la pression politique de la restriction des naissances et l’annonce du lama que le grand-père cherche à se réincarner dans l’enfant à naître ; entre la difficulté de nourrir plusieurs enfants et l’amour du mari qui voudrait un autre enfant. Une caméra toujours en mouvement souligne la tension intérieure des personnages et l’incertitude qui pèse sur l’avenir. Mais la famille s’aime.

Un bel hommage à la vie.

Waltraud Verlaguet

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