logo



PROtestants et FILmophiles

PROmouvoir les FILms dont la qualité artistique et humaine aide à la connaissance du monde contemporain


ACCUEIL - QUI SOMMES-NOUS ? - ACTIVITES - PUBLICATIONS - GROUPES - CRITIQUES DE FILMS - RADIO - EN SALLE - FESTIVALS






Fiche technique :
Réalisation : John Crowley - Scénario : Peter Straughan (d'après le roman de Donna Tartt) - Musique : Trevor Gureckis - Image : Roger Deakins - Montage : Kelley Dixon - Distribution France : Warner Bros

Avec :
Oakes Fegley puis Ansel Elgort (Theodore Dekker), Aimee Laurence puis Ashleigh Cummings (Pippa), Finn Wolfhard puis Aneurin Barnard (Boris Pavilkovsky), Nicole Kidman (Mme Barbour), Jeffrey Wright (Hobie), Luke Wilson (Larry Dekker), Sarah Paulson (Xandra la marâtre), Willa Fitzgerald (Kitsey Barbour), Robert Joy (Welty)

Le Chardonneret (The Goldfinch)

Etats-Unis d'Amérique, 2019, 150min.

Réalisation : John Crowley

Biographie :

John Crowley est né en 1969 à Cork, Ireland, où il a étudié la philosophie. D'abord metteur en scène de théâtre, il réalise son premier long métrage en 2003 (Intermission, avec Colin Farrel et Kelly McDonald). Puis ce sera Boy A (2007, avec Andrew Garfield, primé en plusieurs festivals) ; Is Anybody There ? (2008, avec Michel Caine) ; Closed Circuit en 2013, et en 2015 Brooklyn (avec Saoirse Ronan, multiprimé).

 

Résumé :

Théodore adolescent a perdu sa mère dans un attentat au Metropolitan Museum de New York. Lui a survécu, possesseur d'un rarissime petit tableau de l'âge d'or hollandais sauvé des décombres. Il est pris en charge par une famille bourgeoise, et ses amitiés adolescentes accompagneront sa vie.

 

Analyse :

En 1654 la meurtrière explosion de la poudrière de Delft, en pleine ville, détruit aussi l'atelier du peintre Carel Fabritius, qui est tué. Très peu de ses œuvres en réchappent, dont un petit oiseau en trompe l'œil, le Chardonneret. C'est également une explosion qui déclenche le film, alors que les protagonistes étaient à l'admirer dans le musée.

Le tableau, la beauté, les objets et l'art tiendront donc une grande place dans Le Chardonneret, dont les décors regorgeant de meubles, bibelots et tableaux – aussi bien le magasin d'antiquités de Hobie, que l'appartement bourgeois des Barbour – évoquent même la virtuosité du film La Clepsydre (Wojciech Haas, 1974). Et comme dans celui-ci, le rêve et la réalité, les souvenirs de la vie d'avant, ce qu'elle fut ou aurait pu être, et celle actuelle, se mêlent et se combattent. Au débarqué inattendu de son père, la transition de Theo vers le désert d'un lotissement de subprimes faillies en bord de mer signifie aussi la disparition de tous ces symboles de la richesse et des promesses de l'existence.

L'affection jouera une grande place dans son histoire. L'arrivée dans cette nouvelle vie de Boris, inventif et déluré, qui le fascine en bravant les tabous que l'enfance doit respecter et lui entr'ouvre les portes de l'âge adulte. Il y acquiert une familiarité avec les drogues qui s'installera dans son personnage. Mais les adultes aussi lui apportent beaucoup, particulièrement Hobie le brocanteur ou Madame Barbour par leur exemple et leurs conseils. Sa révolte contre son père sera dans ces conditions lente à mûrir, et d'autant plus radicale.

Ces personnages sont attachants, et leur évolution captive grâce notamment au très bon choix des duos d'acteurs jouant l'enfant puis l'adulte. Par son immersion dans le monde de l'art et de la beauté, le Chardonneret construit un écrin séduisant à un récit assez original où, malgré le sujet, le pathos est servi à doses très raisonnables.

Jacques Vercueil

Autres articles sur ce film