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Fiche technique :
Réalisation, Alice Winocour - Scénariste assistée par Jean-Stéphane Bron - Image, Georges Lechaptois - Montage, Julien Lacheray - Musique, Ryuichi Sakamoto - Distribution France, Pathé.

Avec :
Eva Green (Sarah l'astronaute), Matt Dillon (Mike le cosmonaute), Alexeï Fateev (Andreï le cosmonaute), Lars Eidinger (Thoma), Sandra Huller (Wendy)

Proxima

France, Allemagne, 2019, 107min.

Réalisation : Alice Winocour

Biographie :

Alice Winocour, après des études de droit, se forme au scénario à la FEMIS. En 2011, son premier long métrage Augustine (l'hystérie au temps de Charcot) est un succès. En 2015, le second, Maryland, traite d'un soldat victime de stress post-traumatique. Déjà, elle souligne l'égale capacité d'une femme ou d'un homme à traiter tout sujet de cinéma.

Résumé :

Sarah s'apprête à quitter la Terre pour la mission spatiale Proxima, une absence d'un an. Le même entraînement rigoureux est imposé à tous les astronautes, chez qui elle est la seule femme, mais pour elle s'ajoute la difficulté d'une longue séparation d'avec sa fille de 8 ans.

Analyse :

Sur le sujet abondamment abordé de l'exploration spatiale - technologies de l'extrême, gigantisme fascinant des machines, personnages au bord du surhumain confrontés à des risques effarants, images prodigieuses des objets célestes - Alice Winocour réussit à renouveler le genre, d'abord par son approche documentaire, ensuite par le décalage de son analyse psychologique.

Approche documentaire : ici aucun effet spécial, toutes les images sont un reflet direct des lieux et conditions réelles de l'entraînement des spationautes auxquels Winocour a obtenu un accès rare. Outre la technicité des épreuves traversées, émergent d'une part leur caractère épuisant autant pour le corps que pour les nerfs, d'autre part l'incongruité de la présence d'une femme dans un univers calibré pour des mâles. Quant à la crise psychologique, abandonné le sentier battu des relations de couple affectives ou professionnelles, elle se centre sur le conflit de la mère et de la fille, chacune envers soi-même et l'une envers l'autre, qui se débattent entre volonté de faire face et désir de fuir, entre souffrance et révolte ; angoisses finement décrites et interprétées.

Un film passionnant et excellent, donc, sauf... la grande giclée de guimauve et d'irréalisme qui vient plomber le dernier quart d'heure. Personne ne va contester le droit qu'a Sarah de gérer à sa façon la confiance de sa fille ; mais cette séquence invraisemblable démolit tout le sérieux documentaire accumulé jusqu'alors. La présence désormais d'un potentiel vecteur de miasmes dans l'équipe qui s'envole (alors qu'une 'doublure' était prévue pour permettre un remplacement), d'une part alimente la vision populiste des devoirs sociaux comme superflus et vexatoires, d'autre part conforte, comme s'il en était besoin ! l'opinion que cette femme a peut-être raison de préférer sa fille, mais que sa place n'est pas dans une opération aussi sérieuse.

Jacques Vercueil

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