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Fiche technique :

Réalisation et scénario : Jayro Bustamante – Montage : Gustavo Matheu, J. Bustamante – Images : Nicolas Wong – Musique : Pascal Reyes – Décors : Sébastien Munoz – Son : Eduardo Caceres – Distribution : ARP Selection.

 

Avec :

Maria Mercedes Coroy (Alma), Sabrina de La Hoy (Natalia), Julio Diaz (Enrique), Maria Telon (Valeriana), Margarita Kénéefic (Carmen).

 

La Llorona

Guatemala, France, 2020, 97min.

Réalisation :

Biographie :

Né en 1977, au Guatemala, il a étudié le cinéma au Conservatoire Libre du cinéma Français, et au Centre expérimental de Cinématographie à Rome. Son premier film, Ixcanul, a été primé à Berlin (Ours d’argent, Prix du Jury oecuménique) en 2015. Deuxième long métrage : Tremblements en 2019. La Llorona est son troisième long-métrage, confortant son succès international.

Résumé :

Ce film renoue avec le thème qui évoquait de manière poignante une famille maya, recluse, vivant sur les flancs d’un volcan (Ixcanul). Selon lune légende très ancienne, la Llorona est une pleureuse, un fantôme qui cherche ses enfants. Seuls les coupables l’entendent pleurer, en particulier le vieux général, responsable du génocide d’Indiens mayas. Ses nuits sont un calvaire, surtout depuis l‘arrivée de la jeune Alma.

Analyse :

Le réalisateur part d’évènements réels survenus dans son pays dans les années 1960 à 1990. Un gouvernement dictatorial est à l’origine du génocide contre la population maya, provoquant la mort de 200.000 personnes. Acquitté de ses crimes lors de son procès en 1996, le général se retire dans sa maison avec sa femme, sa fille et sa petite fille. Assiégée jour et nuit par des manifestants qui réclament justice, la maison devient le lieu de phénomènes étranges, fantastiques, où s’installe progressivement le retour du refoulé, autour du vieux général rongé par la culpabilité. La justice des hommes échoue, à cause des rapports de force politiques, mais rien n’arrête la justice immanente de l’Esprit. Elle sera personnifiée par une jeune et belle femme maya, Alma, même actrice vue dans Ixcanul. Elle se fait embaucher comme servante, aux côtés de Valariana, la vieille domestique restée fidèle à la famille. Alors que le film commence par une séance d’exorcisme, conduite par la femme du général, on assiste aux remontées de mémoires enfouies. Les femmes sont les instruments de l’éclatement de la vérité. La fille Natalia, femme d’une quarantaine d’années, interroge sa mère, relevant les incohérences du comportement de ses parents. La mère perd de plus en plus contenance devant l’évidence d’assassinats d’enfants, elle a des cauchemars et des visions qu’elle ne pourra plus contenir. La force d’Alma est d’être comme révélatrice par sa seule présence. Ses bains dans la piscine, la nuit, attirent les regards du général, que surprend sa femme. Tout concourt à la révélation suprême dans un véritable cauchemar éveillé, où les fantômes des enfants morts viennent réclamer justice. Rendre compte des crimes politiques commis par des dictatures en Amérique latine est un thème récurrent du cinéma sud-américain, que cela prenne la forme du poético-documentaire (Guzman) ou par des fictions (El presidente).

Alain Le Goanvic

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