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Fiche technique :
Réalisation : Greta Gerwig – scénario : Greta Gerwig, d’après l’œuvre de Louisa May Alcott – Directeur de la photographie : Yorick Le Saux – Montage : Nick Houy – Musique : Alexandre Desplats – Décor: Jess Gonchor – Distribution en France : Sony Pictures Releasing France.

 

Avec :
Saoirse Ronan (Jo March), Emma Watson (Meg March), Florence Pugh (Amy March), Eliza Scanlen (Beth March), Laura Dern (Marmee March), Timothée Chalamet (« Laurie »), Meryl Streep (Tante March), Chris Cooper (Mr. Laurence), James Norton (John Brooke), Louis Garrel (Friedrich Baehr)

Les filles du Docteur March (Little Women)

Etats-Unis d'Amérique, 2020, 135min.

Réalisation : Greta Gerwig

Biographie :

Née en 1983, actrice, scénariste et réalisatrice américaine, Greta Gerwig est révélée en 2010 pour son rôle dans Greenbeg, réalisé par Noah Baumbach. En 2013, elle tient le rôle-titre dans Frances Ha, dont elle a coécrit le scénario avec Noah Baumbach. Elle réalise en 2018 Lady Bird qui remporte un Golden globe et lui vaudra d’être nominée aux Oscars.

Résumé :

Voici une nouvelle adaptation de Little women, classique de la littérature de jeunesse, et connu en France (et seulement là) sous le titre des Quatre filles du Dr March qui raconte la vie quotidienne, les rêves et les aspirations des filles March durant la guerre de Sécession, pendant que le père est parti sur le front comme aumônier. 

Analyse :

C’était une gageure d’adapter, après Georges Cukor (1933) et Mervin LeRoy (1949),le livre de Louisa May Alcott, paru en 1868 avec un succès immédiat et durable. Depuis des générations, les enfants du monde entier ont dévoré (et dévorent encore) Little women dans des traductions plus ou moins respectueuses. Ils en connaissent les personnages — Meg la sage, Jo qui veut devenir écrivain, Beth la timide pianiste de génie et Amy qui rêve de devenir peintre — leurs élans, leurs bagarres et les points culminants du récit : quand Amy brûle le manuscrit de Jo et quand elle manque de mourir, quand Beth va sonner à la porte du vieux Mr. Laurence, quand Meg choisit de se marier, quand Jo coupe ses cheveux, etc. Il y avait un risque énorme de se retrouver face à un film plein d’élans romantiques et de bons sentiments, à la limite de la niaiserie. 

Mais Les quatre filles du Dr. March est infiniment mieux que ça. Certes, la dimension romantique est présente (pour notre grand plaisir). Certes, les costumes (magnifiques), les décors (soignés) et même la musique d’Alexandre Desplats l’inscrivent dans une tradition hollywoodienne qui semblait avoir déserté nos écrans. 

Mais la vivacité et l’élégance de la mise en scène de Greta Gerwig lui confèrent une fougue et une vivacité convaincantes. Cela tient d’abord à la construction choisie par G. Gerwig qui inscrit la narration dans trois époques : un présent de narration, quand toutes les filles March ont plus ou moins commencé à réaliser leurs rêves, celui de Jo l’écrivain qui écrit cette histoire, et celui des souvenirs du début de Little women quand le père était au loin, aumônier dans l’armée nordiste. Passant d’une époque à l’autre avec fluidité, à coup de flashbacks et flashforwords, le procédé accentue la cohérence et la densité du récit, et lui donne une mélancolie inattendue.

Ensuite, il y a le choix fait d’amplifier la dimension féministe du livre et d’en faire découvrir l’incroyable modernité. Car de quoi parle Little women, sinon d’émancipation féminine, comment échapper au déterminisme social si prégnant, comment échapper à la domination masculine ? Les combats des quatre filles s’inscrivent dans la longue lutte pour la reconnaissance du droit des femmes à exister en tant qu’individus. 

Enfin, la réalisatrice a mis en scène un casting de rêve. Sa tendresse pour les personnages, le plaisir qu’ont les acteurs à jouer et le rythme impeccable en font un film dont on ne voit pas passer les 135 minutes. A conseiller à toutes celles et ceux qui auraient besoin d’un petit remontant en ce janvier morose.

Nic Diament

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