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Fiche technique :
Réalisation : Alejandro Amenábar - Scénario : Alejandro Amenábar et Alejandro Hernández - Photographie : Álex Catalán - Musique: Alejandro Amenábar - Montage : Carolina Martínez Urbina - Son : Gabriel Guttierez, Aitor Berenguer - Décoration : Angela Nahum - Production : Mod Producciones, Movistar+ - Distribution : Haut et court.

Avec :
Karra Elejalde (Miguelde Unamuno), Eduard Fernández (Millán Astray), Santi Prego (Franco), Luis Bermejo (Nicolás),Tito Valverde (Cabanellas), Patricia Lopez Arnaiz (María), Inma Cuevas (Felisa), Carlos Serrano-Clark (Salvador), Luis Zahera (Atilano).

Lettre à Franco (Mientras dure la guerra)

Espagne, Argentine, 2020, 107min.

Réalisation : Alejandro Amenabar

Biographie :

Né à Santiago du Chili en 1972, Amenábar grandit en Espagne. Après son 1er film Tesis (1996) qui fait l’ouverture à Berlin et Ouvre les yeux (1997), film d’anticipation remarqué, Les autres (2001) avec Nicole Kidman et Mar Adentro (2004) couvert de prix sont sélectionnés à Venise, et Agora (2009) à Cannes. En revanche le thriller Régression (2015) est un échec critique.

Résumé :

Espagne, juillet 1936. L’écrivain Miguel de Unamuno soutient publiquement la rébellion militaire avec la conviction qu’elle va rétablir l’ordre. Pendant ce temps, fort de ses succès militaires, le général Franco prend les rênes de l’insurrection. Alors que les incarcérations d’opposants se multiplient, l’écrivain s’aperçoit avec angoisseque l’ascension de Franco au pouvoir est devenue inéluctable.

Analyse :

Pendant la majeure partie du film, qui décrit les débuts de la guerre civile espagnole, se déroulent en parallèle deux histoires : la sourde lutte pour le pouvoir entre les acteurs du soulèvement militaire, et les contradictions vécues par le plus grand intellectuel de son temps, Miguel de Unamuno, le philosophe du «sentiment tragique de la vie», doyen de la prestigieuse université de Salamanque. Le réalisateur dresse unportrait inédit du général Franco, un homme apparemment quelconque mais impénétrable et manipulateur qui tirera finalement les marrons du feu, soutenu notamment par le général José Millán-Astray, créateur de la Légion étrangère espagnole et auteur du fameux « Viva la muerte », terrifiant bouffon manchot et borgne de la guerre du Rif. Emblématique du conflit intérieur que vivent alors certains intellectuels catholiques, le comportement ambigu de Unamuno, républicain convaincu cependant, se déploie douloureusement tout au long du film, malgré les exactions des militaires et l’assassinat de ses deux plus proches amis. Ces deux histoires préparent l’affrontement ultime que l’écrivain provoquera au péril de sa vie -quelques semaines seulement après l’exécution du poète Garcia Lorca- à l’occasion de la Fête de la race espagnole. Ce véritable morceau de bravoure, qui culmine avec le célèbre "Vous vaincrez mais ne convaincrez jamais », représente le choix très dangereux d’un Unamuno environné de fascistes mais enfin réconcilié avec lui-même. Soigneusement documenté par le réalisateur, ce discours historique bien que non enregistré entraînera la révocation et l’assignation à résidence du philosophe, et sans doute sa mort par infarctus peu après. Il faut noter que c’est le titre original du film -Mientras dure la guerra (Tant que durera la guerre)- qui lui donne toute sa signification : partie intégrante d'un document des Nationalistes qui confèrera les pleins pouvoirs à Franco, l’expression nous rappelle à une nécessaire et constante vigilance à l’égard du fascisme.

Jean-Michel Zucker

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