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Fiche technique :
Réalisation et scénario Anthony Chen – Directeur de la photographie : Sam Care – Montage : Hoping Chen, Joanne Cheong – Ingénieurs du son : Kuo Li Chi, Zhe Wu – Production : Giraffe Pictures – Distributeur France : Epicentre Films.

Avec :
Yann Yann Yeo (Ling) – Christopher Lee (Andrew, son mari) – Koh Jia Ler (Wei Lun, son élève) – Yang Shi Bin (son beau-père)

Wet Season

Singapour, 2019, 103min.

Réalisation : Anthony Chen

Biographie :

Anthony Chen est un jeune réalisateur singapourien, né en 1984, dont le premier long métrage,Ilo Ilo, a obtenu le Prix de la Caméra d’or (meilleur premier film) au Festival de Cannes en 2013. Wet Season est son deuxième film et, comme Ilo Ilo, il nous plonge dans la vie d’une famille de la classe moyenne à Singapour. Son cinéma est un cinéma intimiste.

Résumé :

Des trombes d’eau s’abattent sur Singapour. C’est la mousson. Les nuages s’amoncellent aussi dans le cœur de Ling, professeur de chinois dans un lycée de garçons. Sa vie professionnelle est peu épanouissante et son mari, avec qui elle tente depuis plusieurs années d’avoir un enfant, de plus en plus fuyant. Une amitié inattendue avec l’un de ses élèves va briser sa solitude et l’aider à prendre sa vie en main.

Analyse :

La vie personnelle de Ling n’est pas gaie, son mari rentre tard de son travail et semble déserter le foyer pour ses clients ou pour autre chose, et elle doit s’occuper de son beau-père paralysé. Enfin et peut-être surtout, Ling n’arrive pas à avoir d’enfant ; les traitements quotidiens, les examens et l’attente anxieuse des résultats la rongent et ce drame n’est sans doute pas pour rien dans l’éloignement du mari. L’école ne lui apporte pas non plus beaucoup de satisfaction car ses élèves sont peu appliqués, l’anglais, à Singapour, étant plus valorisé que le chinois. Un seul élève fait des efforts, Wei Lun, dont les parents, trop souvent absents, lui imposent d’apprendre le chinois pour pouvoir faire du commerce avec la Chine. Ces deux solitudes vont se rapprocher. A la suite de la désertion des autres élèves, les cours collectifs se transforment en cours particuliers et la pluie incessante est un bon prétexte pour ramener le garçon chez lui. Leurs deux vies s’entrecroisent de plus en plus. Le garçon est sensible à son charme et veut en faire sa première conquête amoureuse. Quant à elle, elle ne voit pas ou ne veut pas voir ce que cette relation peut avoir d’ambigu ; il reste son élève et pourrait être le fils qu’elle n’a pas eu. Tout cela n’ira pas sans quelques heurts mais redonnera à Ling un certain goût de vivre.

Wet Season est un film tout en douceur, en silences, qui nous plonge dans la vie intime des personnages, y compris dans ce qu’elle a de plus banal. Une caméra discrète, qui se fait complètement oublier, les suit dans des appartements exigus ou des intérieurs de voitures qui les enferment tout autant que la pluie diluvienne qui s’abat au-dehors. Le retour de Ling, sinon au bonheur, du moins à une vie moins terne, se montre par petites touches, par un sourire, par des yeux plus vifs, par le plaisir qu’elle prend à mordre à belles dents dans un durian (le fruit de Singapour) qu’elle partage avec Wei Lun. Anthony Chen sait nous intéresser à ses personnages et confirme avec ce film qu’il est un peintre subtil de la vie familiale. 

Jacques Champeaux

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