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Fiche technique :

Scénario et réalisation : Anastasia Mikova et Yann-Arthus Bertrand - Image : Yann-Arthus Bertrand - Montage : Françoise Bernard et Brigitte Delahaie - Son : Armand Amar - Distribution France : Apollo Films.

 

WOMAN (Documentaire)

France, 2020, 108min.

Réalisation : Yann Arthus-Bertrand, Anastasia Mikova

Biographie :

Né en 1946, Yann-Arthus Bertrand, après s'être frotté au cinéma et divers autres métiers, s'est rendu célèbre pas ses photographies aériennes et le succès mondial de son livre La terre vue du ciel (1999). Au documentaire de même titre (2004) succèderont Home (2009),Planète Océan (2012) puis Human (2015), le thème écologique de la planète en proie à l'Humanité évoluant pour se focaliser sur cette dernière dans sa diversité. Woman s'inscrit dans cette continuité.

Anastasia Mikova, née en 1982 à Kiev, s'installa à Paris en 1998 pour études, puis passa du journalisme à la télévision, ce qui la fit collaborer avec YAB (Vu du ciel, puis Human). Elle devient co-réalisatrice pour Woman.

Résumé :

Ce film met en scène 2.000 femmes de 50 pays différents, qui dressent un panorama de la condition féminine. A travers des propos généralement brefs, sont évoqué des thèmes très variés : la maternité, l'éducation, le travail salarié, le mariage, l'indépendance, la vieillesse, les règles, la sexualité, la solitude...

Analyse :

Encadré par deux belles et énigmatiques séquences de ballet, sous-marin puis aérien — femme et baleine ; danseuses, ciel et miroirs — Woman est presqu'entièrement fait d'une succession de visages de femmes, brèves visions qui construisent, par leur discours collectif, un tableau impressionnant de la condition féminine dans ses multiples dimensions. Grand soin est pris à mettre en scènes 'toutes sortes de femmes', que ce soit par l'âge, par la condition sociale et surtout par l'origine ethnoculturelle : vêtements, coiffures, accessoires, ainsi que les nombreuses langues pratiquées, mettent à profusion la diversité en évidence. Cela donne à ce panorama un aspect 'universel' que renforcent d'autres apparitions muettes, mais qui ajoutent au sentiment de multitude.

Les auteurs revendiquent d'avoir voulu stigmatiser l'injustice, mais l'impression sans doute la plus forte ressentie devant ces témoignages est celle de la force, de la vitalité, de la détermination et de la résilience de ces femmes. En filigrane, et même sachant que les auteurs ont sélectionné les propos retenus pour le montage de leur film, s'impose en négatif un constat révoltant de la gent masculine à laquelle, pour la plupart, elles ont été exposées. L'une d'entre elles ajoute, charitablement : « Derrière l'homme, il faut voir aussi la mère qui l'a élevé, le père qui lui a servi d'exemple, la société dont il a voulu être accepté... ».

Il faut certainement rendre hommage à la conduite des entretiens, qui a su faire émerger des paroles d'une sincérité inhabituelle, même sur les sujets les plus intimes ou douloureux. Sans surprise, le travail d'image est spectaculaire, peut-être même trop : la mise en scène est si réussie qu'elle touche à l'artifice, avec ses cadrages identiques par centaines, ses éclairages de plateau et ses maquillages parfaits, ses têtes qui tournent l'une après l'autre pour finir face caméra... Cependant le plaisir de voir se maintient d'image en image, et l'on reste suspendu au propos en cours et à l'attente du prochain.

Reste, après le film, une frustration : l'absence d'un récit et de personnages à quoi s'accrocher rend fugace la vision de ce kaléidoscope. De ces innombrables images et propos, il est difficile de garder plus qu'une impression, forte certes, mais vague et superficielle.

Jacques Vercueil

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