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Fiche technique :
Réalisation : Marjane Satrapi - Scénario : Jack Thorne et Lauren Redniss - Musique : Evgueni et Sacha Galperine - Photographie : Anthony Dod Mantle - Montage : Stéphane Roche - Distribution France : Studio Canal.

Avec :
Rosamund Pike (Marie Curie) ; Sam Riley (Pierre Curie) ; Aneurin Barnard (Paul Langevin).

Radioactive

Royaume-Uni, 2020, 110min.

Réalisation : Marjane Satrapi

Biographie :

Marjane Satrapi est une réalisatrice, actrice, dessinatrice née en 1959 en Iran. A 14 ans, ses parents l'envoient étudier en Autriche. Puis elle fait les Beaux-arts à Téhéran. En France elle entre aux Arts Déco de Strasbourg. A Paris, sous l’influence de David B., elle décide de transcrire sa vie en Iran sous forme de BD. Avec Vincent Paronnaud elle réalise Persepolis (2005, Prix du Jury au festival de Cannes 2007). Elle réalise ensuite Poulet aux prunes (2011), puis La bande des Jotas (2013) dans lequel elle tient le rôle principal.

Résumé :

Un biopic sur Marie Curie (1867-1934), la scientifique et la femme.

Analyse :

Marjane Satrapi est partie du roman graphique de Lauren Edniss, Radioactive, dont est tiré le scénario du film. Le sous-titre du roman, « L’histoire de deux forces invisibles : la radioactivité et l’amour », donne le ton du film. Ce n’est pas seulement la scientifique qui nous est présentée, mais la femme, l’amoureuse, la mère, ce qui rend le personnage particulièrement attachant. Elle est présentée sous un jour qui n’est pas nécessairement plaisant : un caractère bien trempé, insolente et très sûre d’elle. Ce qui, dans son milieu et son métier a été un avantage car malgré le machisme ambiant de l’époque elle a réussi à s’imposer. Une féministe avant l’heure. Non une féministe militante et agressive mais une une force tranquille, profondément convaincue de sa valeur et qui a réussi à prendre la place qu’elle estimait être sienne dans la société. Une femme qui sait également assumer une vie personnelle qui choque la moralité de l’époque. Après la mort prématurée de Pierre elle devient la maîtresse de Paul Langevin, élève de son mari, homme marié qui travaille depuis longtemps à leur côté. Le film montre le déchaînement de violence, de haine et de xénophobie de certains médias à l’égard de cette « étrangère » croqueuse de maris. Polémique qui se calmera lorsqu’elle recevra son second prix Nobel. On découvre également une grande humaniste. Elle a parcouru le front pendant la première guerre mondiale avec un petit appareil de radiographie pour soigner les blessés.

Une mise en scène intelligente et inventive sauve le film de tout académisme. Toutefois Marjane Satrapi à vouloir être originale en fait peut-être un peu trop. On se serait passé des vignettes qui nous montrent les méfaits de la radioactivité (le Nevada, Hiroshima, Tchernobyl) par une pédagogie trop appuyée ainsi que des incursions du domaine fantastique et des couleurs criardes de mauvais goût pour souligner le propos.

Marie-Jeanne Campana

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