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Fiche technique :

Réalisateur : Tatsushi Omori . Scénario : Tatsushi Omori et Noriko Morishita . Musique : Hiroko Sebu . Photographie : Kenji Maki . Montage : Ryo Hayano . Distribution France : art house.

 

Avec :

Kirin Kiki, décédée en 2018 (professeure Takeda), Haru Kuroki (Noriko), Mikako Tabe (Michiko).

 

Dans un jardin qu'on dirait éternel

Japon, 2020, 100min.

Réalisation : Tatsushi Omori

Biographie :

Tatsushi Omori est né à Tokyo en 1970. Il est le fils d’Akaji Maro, metteur en scène, chorégraphe et célèbre danseur de butô, et le frère aîné de l'acteur Nao Õmori. Il a fait des études de sociologie avant de commencer dans le cinéma en tant qu'acteur, puis assistant de deux réalisateurs japonais. Il est l’auteur de douze films dont un seul a été vu en France, Dans un jardin qu’on dirait éternel, sorti au Japon en 2018. Il n’est pas inconnu sur le plan international, ses films ont été sélectionnés à Locarno, Berlin, et Tokyo.

Résumé :

Dans une maison traditionnelle à Yokohama, Noriko et sa cousine Michiko s’initient à la cérémonie du thé. Au fil du temps, Noriko découvre la saveur de l’instant présent, prend conscience du rythme des saisons et change peu à peu son regard sur l’existence. Michiko, elle, décide de suivre un tout autre chemin.

Analyse :

Ce film est Inspiré, avec une grande fidélité, d’un livre, La Cérémonie du thé ou comment j’ai appris à vivre le moment présent (Marabout, 2019), contant l’aventure intérieure d’une vie et écrit par Noriko Morishita, Japonaise de Yokohama. Ce film ne se résume pas en effet à un documentaire sur la cérémonie du thé, comme l’indique bien le titre de l’ouvrage, mais décrit le parcours personnel et spirituel de deux jeunes filles. Un film poème, hors du temps, comme on en voit trop peu au cinéma, qui nous montre comment la répétition des choses du quotidien, les plus simples comme les plus complexes, nous aident à voir la vie avec un autre regard et à faire un long chemin intérieur. Ce film s’écoulant au fil des saisons et des années nous entraîne dans une douceur, un apaisement profond par son harmonie, sa délicatesse, sa beauté. On ressent, après l’avoir vu, une grande sérénité intérieure et l’impression d’être transformé. Une expérience émotionnelle inédite qui sollicite tous nos sens. Les images, qu’elles soient d’intérieur ou d’extérieur, sont d’une grande beauté. Mais surtout la maison de la maîtresse de thé, la professeure Takeda, où tout est simplicité, raffinement, élégance. Les murs sont tapissés de citations philosophiques qui nous rappellent le sens du temps, le rapport au monde à la nature. Une réalisation soignée et méticuleuse qui n’a rien laissé au hasard ; les sons, le silence et les bruitages d’une grande subtilité (le frôlement des pas sur le tatami, le froissement d’une serviette, le bruit de la pluie sur le jardin, le thé qui coule dans les tasses), la douce lumière du printemps, de l’automne ou de l’hiver, sont un véritable enchantement.

Cette cérémonie du thé, appelée le « chanoyu », peut surprendre notre regard occidental. Il s’agit, en suivant une série de gestes parfaits, extrêmement précis, de préparer du thé à partir de matcha. Cette discipline très stricte, aux infimes variations au fil des saisons, s’étale, dans le film, sur plus de 20 ans. Une ode au temps présent, au temps qui passe, aux saisons, à la douceur de vivre, à la lenteur. Le bonheur de refaire les mêmes gestes qui amène à s’interroger sur sa propre vie, à retrouver l’harmonie qui réconcilie avec soi-même et avec le monde. On voit évoluer Norito, littéralement mûrir sous nos yeux et se découvrir dans le sens qu’elle veut donner à sa vie.

Marie-Jeanne Campana

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