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Fiche technique :
Réalisation : Robert Aldrich - Scénario : Nunnally Johnson & Lukas Heller - Image : Edward Scaife - Montage : Michael Luciano - Musique : Frank De Vol - Distribution France (1967) : Metro Goldwyn Meyer.

Avec :
Lee Marvin (commandant Reisman), Ernest Borgnine (Général Worden), Charles Bronson (Joseph Wladislaw), Jim Brown (sergent Robert Jefferson), John Cassavetes (Victor Franko), George Kennedy (commandant Max Armbruster), Trini López (Pedro Jiminez), Ralph Meeker (capitaine. Stuart Kinder), Robert Ryan (Colonel Breed), Telly Savalas (Archer Maggott), Donald Sutherland (Vernon Pinkley).

Les douze salopars (The Dirty Dozen)

Etats-Unis d'Amérique, 1967, 150min.

Réalisation : Robert Aldrich

Biographie :

Robert Aldrich (1918-1983), neveu de John D. Rockefeller, étudia droit et finances, mais choisit plutôt le cinéma, ce qui, joint à ses sympathies de gauche, le fit déshériter. Il fut assistant-réalisateur (1944-1952) de Jean Renoir, Max Ophüls, Joseph Losey, et maints autres. Ses premiers longs métrages seront The Big Leaguer (1953, avec Edward G. Robinson) puis World for Ransom (1954), déjà un film noir. Suivront une trentaine de films (1954-1981) dont plusieurs ont marqué l'histoire du cinéma, par exemple Vera Cruz (1954) ; En quatrième vitesse (Kiss Me Deadly, 1955) ; Qu'est-il arrivé à Baby Jane ? (1962) ; Pas d'orchidées pour miss Blandish (The Grissom Gang, 1971).

Résumé :

Deuxième guerre mondiale. Le commandant Reisman, officier cabochard mal vu de sa hiérarchie, est chargé de former et conduire en mission une douzaine de détenus lourdement condamnés, pour aller exécuter une opération à très haut risque en France occupée.

Analyse :

On en est vite averti : l'idée d'une telle opération n'a pu germer que dans un cerveau malade du haut commandement américain ; mais il faut obéir et réussir. Moyen facile pour les scénaristes de se dédouaner, et il ne faudra pas trop chercher là-dedans du vraisemblable ! Mais il y aura du spectaculaire. 

Deux parties sont de rigueur dans un tel récit : la découverte du ramassis des criminels (dont quelques innocents cependant, nous fait-on comprendre) et leur domestication aux mains du dompteur Reisman ; puis le plongeon dans le grand bain de la conquête et destruction d'un château de la Loire bourré de chefs nazis. En fin de première étape, la comique démonstration par le commando de l'efficacité guerrière qu'il a acquise montre que la partie est gagnée : les sauvages gibiers de potence dont avait hérité Reisman ont non seulement assimilé les techniques militaires, mais surtout se sont convertis de loups solitaires en meute solidaire. On ne doute alors plus de leur réussite en seconde étape, construite selon le schéma des grands braquages à la Ocean's... : mécanisme d'horlogerie minutieuse, chacun a appris son rôle parfaitement, un tic-tac inexorable doit rythmer l'exécution sans bavure... mais des accrocs viennent fracasser le plan si bien conçu, dont génie et audace assurent finalement le succès. 

De grands interprètes assurent le spectacle, brillamment réalisé et monté ; mais on garde en travers du gosier une complaisance pénible envers des aspects douteux du film : la fin justifie les moyens. Le non-conformisme de Reisman, fait pour donner confiance – depuis que l'on est tout petit, on rève de désobéir sans punition – sert à faire passer, par exemple, sa prise en otage de toute l'équipe si un seul défaille. C'est en trichant que les malins triomphent des idiots, sous le regard ravi du Général. Et on vogue ensuite joyeusement vers le massacre programmé d'une population indifférenciée, mais ennemie – ce à quoi les condamnés de droit commun sont prédisposés, chacun le sait.

 

Jacques Vercueil

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