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Fiche technique :
Réalisation, Alan Parker- Scénario : Sandy Kroopf & Jack Behr - Image : Michael Seresin - Montage : Gerry Hambling - Musique : Peter Gabriel - Distribution France (1941) : 20 th Century Fox.

Avec :
Nicolas Cage (Al Columbato), Matthew Modine (Birdy), John Harkins (docteur Weiss), Sandy Baron (Mr Columbato), Karen Young (Hannah Rourke), Bruno Kirby (Renaldi), Nancy Fish (Mme Prevost), George Buck (père de Birdy), Dolores Sage (mère de Birdy).

Birdy

Etats-Unis d'Amérique, 1984, 120min.

Réalisation : Alan Parker

Biographie :

Alan Parker (Londres 1944-) rédacteur de pub, puis scénariste (Melody, de Waris Hussein 1971) réalisa dès 1974 courts, puis longs métrages (Bugsy Malone, 1976). Midnight Express (1978) obtint les Oscars du meilleur scénario et de la meilleure musique, comme Fame (1980, musique et chanson). The Wall (1982) adapta au cinéma l'album rock du groupe Pink Floyd. Birdyd'après le roman éponyme de William Wharton, obtint en 1985 le Prix du jury au festival de Cannes.

Résumé :

Deux ados dissemblables deviennent copains inséparables : Al extraverti, à l'aise avec les filles ; Birdy (ce nom pour sa fixation sur les oiseaux) renfermé sur l'obsession d'en devenir un lui-même. Leur passage au Vietnam en fera deux handicapés. Le film dépeint l'obstination de Al, gueule cassée, pour faire revenir son ami, devenu catatonique, au monde et à la vie.

Analyse :

Ce film exaltant nous emporte du rêve à la folie, de l'adolescence aux désastres de la guerre, sur les ailes de l'amitié. Le rêve, c'est celui de Birdy qui commence par attraper des pigeons pour en faire des voyageurs, et son amitié pour Al s'installe sur cet échange : « Tu aimes les pigeons ? — Pourquoi je les aimerais ? — Ils volent ! — Et alors ? — Ça suffit ! »

Mais ce rêve n'est pas celui d'Icare, trop terre à terre. Icare voulait se libérer du labyrinthe, de la pesanteur, s'élever. Birdy a peut-être commencé par cela, mais a été emporté plus loin, prisonnier d'une adolescence qu'il n'a pu dépasser et qui lui impose l'absolu. Que ce soit pour s'envoler d'un toit ou d'une montagne de déchets, que ce soit en apnée sous l'eau ou pour faire valoir ses droits, ses désirs n'ont que faire des conséquences. Le canari qu'il ressuscite devient pour lui objet d'amour fusionnel : « Bertha, je suis en toi, je vois par tes yeux, je vole par tes ailes, je ne suis plus seul désormais !»

Livré comme son copain aux violences sans limites de la guerre, au-delà de toute raison humaine, Birdy quitte le territoire de la raison et des hommes. Et Al, dans l'amitié inébranlable qu'il éprouve pour lui, trouve le viatique qui le ramène lui aussi vers la confiance et la vie. Le monde et les hommes le leur permettront-t-ils ? Les portraits qui sont esquissés, des parents de l'un et de l'autre, du médecin, de quelques autres personnages, et de leur milieu délabré mais habité, nous laissent libres d'en juger : ce n'est pas impossible, ce n'est pas gagné.

On pouvait s'attendre que la gageure de ce film, croire à une chimère, le voue à l'échec. Il faut applaudir au succès. Il est dû surtout à la performance des deux jeunes acteurs ; et l'on est subjugué notamment par la capacité de Modine à faire vivre sa métamorphose en oiseau encagé. Vulnérable et résigné, son regard ne s'anime que vers la lumière de la fenêtre, haut dans le mur... Le récit, dont la construction en longues analepses insérées dans le présent de l'hôpital est facile à suivre, conclut sur un éblouissant final de douleur, d'émotion et d'espoir. La musique de Peter Gabriel, icône un peu oubliée, rappelle aussi un courant de solidarité agissante dont il a été l'un des pionniers.

Jacques Vercueil

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