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Fiche technique :
Réalisation et scénario : Justin Pemberton et Thomas Piketty - Musique : Jean-Benoît Dunckel - Photographie : Darryl Ward - Montage : Sandie Bompar - Distribution France : Diaphana Distribution.

Le Capital au XXIe siècle (Documentaire)

France, Nouvelle-Zélande, 2020, 103min.

Réalisation : Justin Pemberton, Thomas Piketty

Biographie :

Justin Pemberton est un réalisateur et scénariste néo-zélandais connu essentiellement pour des documentaires. Love Speed and Loss (2005) a obtenu le prix du meilleur documentaire et du meilleur réalisateur aux Prix Écrans de Nouvelle-Zélande.

Thomas Piketty, né en 1971, est un économiste français directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) dont il est docteur en économie. Ancien élève de l’École normale supérieure (promotion 1989), il reçoit en 2002 le prix du meilleur jeune économiste de France. Fondateur de l’école d’Economie de Paris, il y est professeur.

Résumé :

Ce film est l’adaptation du livre de Thomas Piketty, Le Capital au XXIe siècle. C’est est un voyage à travers l’histoire économique de nos sociétés. Il met en perspective la richesse et le pouvoir d’un côté, et de l’autre le progrès social et les inégalités. Une réflexion nécessaire pour comprendre le monde d’aujourd’hui.

Analyse :

En 2013 l’économiste français bien connu, Thomas Piketty, faisait paraître un ouvrage, Le Capital au XXIe siècle qui, malgré ses près de 1000 pages, est devenu un succès international d’édition, traduit en 40 langues, avec près de 3 000 000 d’exemplaires vendus. Sept ans plus tard, avec Justin Pemberton, Thomas Piketty en tire un film que l’on pourrait hésiter à voir tant le sujet paraît aride. On aurait tort. Ce film sur l’historique de l’économie mondiale est vivant, passionnant, pédagogique ; avec simplicité et efficacité il expose des phénomènes complexes, qui deviennent faciles à comprendre, un vrai plaisir qui nous donne l’impression d’être intelligents. Les auteurs ont pris le parti de faire un film très dynamique avec des références à la pop culture à travers ses chansons (Aretha Franklin, Kim Wilde), des images rapides aux couleurs vives, comme s’il s’agissait d’un clip, des extraits de films (de John Ford à Oliver Stone), d’archives, le tout entrecoupé d‘interventions de nombreux économistes en guerre contre la pensée unique (Faiza Shaheen, Gillian Tett, Gabriel Zucman) dont certains parmi les plus connus (Joseph Stiglitz, Ian Bremmer, Francis Fukuyama, Piketty lui-même). Piketty commence sa démonstration en Europe occidentale au 18e siècle. A la veille de la Révolution française la richesse est concentrée aux mains d’une aristocratie qui représente 1% de la population. Le rôle de l’héritage dans la transmission du patrimoine interdit tout espoir aux non héritiers. Après avoir balayé le siècle suivant, l’économiste constate qu’à la veille de la Première guerre mondiale 1% de la population possède alors 70% de toutes les richesses. Reprenant son postulat selon lequel un tel degré d’inégalités économiques entre les possédants et la masse des laissés-pour-compte est une bombe sociale, l’auteur fait ce constat amer de notre monde actuel : "Nous sommes revenus à une répartition du capital qui ressemble à s’y méprendre à celle qui prévalait au 18e siècle." L’heureuse parenthèse de l’après-guerre et des Trente Glorieuses qui a vu l’émergence d’une véritable classe moyenne possédante s’est fermée avec la dérégulation des marchés financiers dans les années 90 et la course aux prêts qui a provoqué la crise des subprimes en 2008. On aurait peut-être aimé plus de développements sur les solutions que l’auteur préconise pour encadrer le capital.

Marie-Jeanne Campana

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