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Fiche technique :
Réalisation : Jonas Trueba, co-scénariste avec Itsaso Arana - Image : Santiago Racaj - Montage : Marta Velasco - Musique : Solea Morente - Distribution France : Arizona Distribution.

Avec :
Itsaso Arana (Eva), Vito Sanz (Agos), Isabelle Stoffel (Olka), Joe Manjón (Joe).

 

Eva en Aout (La virgen de Agosto)

Espagne, 2020, 125min.

Réalisation : Jonas Trueba

Biographie :

Jonas Trueba (Madrid 1981-), d'une famille dans le cinéma, fit ses débuts de réalisateur et co-scénariste avec un court métrage en 2000. Premier long métrage en 2010 (Todas las canciones hablan de mi), puis en 2013 Los ilusos (The wishful thinkers) surtout projeté en festivals. Ont suivi Los exiliados románticos (2015, budget de 15000 euros) et La Reconquista (2016, en sélection officielle à Saint-Sebastien). La virgen de Agosto est son premier long métrage visible en France hors festival.

Résumé :

Eva, la trentaine, Madrilène, décide de rester à Madrid au mois d’août. Sous la canicule estivale, les jours s’écoulent dans l'absence de projet et la disponibilité aux rencontres ou aux retrouvailles.

Analyse :

Une quinzaine de jours forment autant de chapitres annoncés par cartons ; le défilé d'un temps informe sert de fil rouge à un 'portrait de groupe avec dame' qui, sur un registre plus détendu, rappelle le procédé du roman d'Heinrich Böll. La dame, l'omniprésente Itsaso Arana également scénariste du film, reste pour autant fort mystérieuse : invitée dans un appartement vacant pour l'été, elle flotte dans un monde vague, dont nous n'aurons quelques aperçus qu'à travers des personnages qui la connaissent. Elle s'est manifestement 'mise en disponibilité', et cette vacance de l'esprit, cette parenthèse dans la vie, rebondit sur des interlocuteurs également libres de contingences, que ses errances lui procurent. Ils ne manquent pas, car heureusement, ce Madrid estival n'est pas désert. Et tous, à peu près, sont des êtres jeunes pour qui la vie reste encore largement à construire, autant que possible.

Le résultat est ambigu. Cette attitude d'ouverture au possible, partagée peu ou prou par la plupart des protagonistes, ainsi que la bienveillance envers autrui, forment un tableau chaleureux et agréable à fréquenter ; mais on en vient assez vite à s'interroger : où sont passées les déchirures du siècle réel ? Le milieu est cultivé, la Cité universitaire n'est pas loin, on se rencontre au musée d'anthropologie, et peu de ces gens ne sont pas plus ou moins acteurs de théâtre... Sur un autre plan, le film met en valeur plusieurs thèmes propres à la condition féminine, comme la pénibilité des règles, et surtout la perspective de la maternité.

Dans cette pérégrination paisible, on appréciera le décor offert à Eva en août par la capitale espagnole : Madrid est un personnage majeur du film, et sert de rappel à la réalité et à l'histoire par les lieux parcourus ou évoqués – Casa de Campo, pont des Français, rio Manzanares... – qu'ils soient des repères forts de la vie sociale actuelle ou les témoins d'évènements passés qui fondent la mémoire collective.

Jacques Vercueil

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