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Fiche technique :
Réalisation et scénario : Eliza Hittman - Direction artistique : Tommy Love - Décors : Meredithl Lippincott - Photographie : Hélène Louvart - Montage : Scott Cummings - Musique : Julia Holter. 

Avec :
Sidney Flanigan (Autumn), Talia Ryder (Skylar).

Never, Rarely, Sometimes, Always (*Jamais, rarement, parfois, toujours)

Etats-Unis d'Amérique, Royaume-Uni, 2020, 101min.

Grand prix du jury, Berlinale, 2020

Réalisation : Eliza Hittman

Biographie :

Eliza Hittman, née à New York, est une réalisatrice, scénariste et productrice américaine. Avant ce troisième long métrage, qui a obtenu le Grand prix du jury à la Berlinale 2020, elle avait notamment évoqué la sexualité des adolescents dans Beach rats en 2017.

Résumé :

Une lycéenne d'une zone rurale de Pennsylvanie, Autumn, 17 ans,découvre qu'elle est enceinte. Confrontée aux institutions anti-avortement de la ville voisine et soucieuse de cacher sa grossesse à ses parents, elle prend le car pour New York où la loi est plus permissive, accompagnée de sa cousine.

Analyse :

Ce regard particulier porté sur la jeune Autumn, angoissée par son retard de règles, ne pouvait être que féminin, pas besoin pour le savoir d'attendre le générique de fin. La réalisatrice prend le temps, en racontant ce drame banal, mais rarement filmé, d'en situer les circonstances. Nous sommes aux Etats-Unis où le droit à l'IVG ne cesse de reculer et où la question de l'avortement est brûlante, surtout en période électorale, tout en étant différente selon les Etats. En Pennsylvanie notamment, les militants « pro-life » sont très actifs et des médecins incitent les jeunes filles enceintes à ne pas avorter, quitte à ce qu'elles abandonnent leur bébé à la naissance en vue d'une adoption. Comme un documentaire, le film montre aussi comment Autumn manque de se faire piéger par une gynécologue qui lui ment sur le nombre de semaines de sa grossesse afin qu'il soit trop tard pour qu'elle puisse l'interrompre. La solitude de l'adolescente, sans aide ni moyens, face à ce qui risque de bouleverser sa vie, est apaisée par la sollicitude discrète et évidente de sa cousine. Les deux actrices, la première avec son visage ingrat et fermé, la seconde, plus douce et jolie, tiennent leur rôle avec une grande vérité et la réalisatrice restitue avec humilité et retenue cet univers adolescent particulier. Les moments difficiles qu'elles vivent, à l'insu de leurs parents sont contrebalancés par quelques rencontres heureuses, notamment parmi le personnel, courageux et bienveillant, du centre IVG new-yorkais. Au hasard, surviennent des instants de générosité ou de solidarité bienvenus. Le titre du film est emprunté à la scène centrale quand une assistante sociale interroge Autumn sur d'éventuels abus qu'elle aurait pu subir. Invitée à répondre selon une échelle allant de « jamais » à « toujours », la jeune fille ne parvient pas toujours à refouler des larmes qui sont autant de non-dits. Et ce questionnaire coup de poing de New York s'avère une dénonciation implacable du scandale des violences faites aux femmes.

Françoise Wilkowski-Dehove

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