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Fiche technique :
Réalisation : Richard Minier et Édouard Salier ; scénario : Richard Minier, Pascal Blanchard, Jean-Philippe Bodin ; musique : Heavy Surf ; photographie : Richard Minier, Édouard Salier, Emmanuel Cyriaque, Julien Meurice ; montage : Julien Perrin ; distribution France : New Story.

Africa Mia

France, 2020, 78min.

Réalisation : Richard Minier, Edouard Sallier

Biographie :

Richard Minier est un musicien, producteur de musique, directeur de la photographie, réalisateur français. Africa Mia est son premier film.

Édouard Salier né en 1976, est un réalisateur français, graphiste, designer et photographe. Il est l’auteur de nombreux vidéoclips et de plusieurs courts métrages dont Flesh (2005) et Empire (2005) ont été représentés et appréciés partout dans le monde. Habana (2013) a obtenu le Grand prix du court-métrage au festival de Gérardmer. 

Résumé :

Africa Mia est un voyage à la recherche de l’âme de la musique afro-cubaine, de La Havane à Bamako.

Analyse :

Richard Minier, producteur de musique, se retrouve un 31 décembre 1999 à Bamako. Il assiste à un concert et se met à bavarder avec l’un des musiciens, Dramane Coulibaly. Il apprend qu’il faisait partie, en 1964, d’un groupe de musiciens invités par Fidel Castro à venir apprendre la musique à Cuba. Le Mali est alors dirigé par le socialiste Modibo Keïta et Fidel Castro cherche à sortir de son isolement et à brasser les cultures. Pour ces dix Maliens, c’est une aventure extraordinaire. Ils finissent par créer un orchestre, Las Maravillas de Mali, et très vite le succès arrive car ils sont à l’origine du courant afro-cubain, fondateurs de la world music. Les anecdotes fusent. Castro en personne vient une nuit les rencontrer dans leur hôtel et Che Guevara qui parle français servira d’interprète. Mais, tandis qu’ils savourent ce succès, Modibo Keïta est renversé par Moussa Traoré qui n’apprécie guère la musique. La fête est finie. Les Maravillas sont priés de rentrer au pays après l’enregistrement de leur seul 33-tours et le groupe est dissous. Minier caresse le projet de les réunir et de leur faire jouer de nouveau leurs grands succès à Cuba, notamment Rendez-vous chez Fatima. Il rencontre un à un les survivants, au nombre de cinq. Avec une extraordinaire ténacité, il poursuit son objectif pendant 18 ans, nous faisant participer à ces rencontres chaleureuses, bavardes, pleines d’émotion où chacun raconte, se raconte, où l’on parle musique, souvenirs, politique, dans une ambiance pleine d’humanité. Le film est ponctué d’images d’archives qui nous montrent ce qu’a été leur vie à Cuba. Malheureusement, au fil du temps, les survivants disparaissent. Et lorsque le projet peut se réaliser il ne reste que Boncana Maïga, l’ancien chef d’orchestre du groupe, très connu à la Havane, au Mali et en Côte d’Ivoire où il s’est réfugié. Plus de 45 ans plus tard retour à La Havane où Boncana est surpris et ému de constater le souvenir qu’il a laissé dans la population. Au milieu des embrassades, des larmes, de l’émotion partagée, Boncana réunit un orchestre entièrement cubain qu’il dirige pour entonner une fois encore tous les morceaux qui ont fait le succès des Maravillas, et particulièrement Rendez-vous chez Fatima. Un film touchant, vibrant, plein de nostalgie, qui nous parle du temps qui passe et qui fait revivre un magnifique moment de l’âge d’or de la world music.

Marie-Jeanne Campana

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