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Fiche technique :
Réalisation et scénario : Marc Fitoussi, librement adapté du roman « Trahie » de Karin Alvtegen. Directeur de la photo : Antoine Roch. Montage : Catherine Schwartz. Musique : Bertrand Burgalat. Production : Christian Gozlan, David Poirot. Distribution : SND.

Avec :
Karine Viard : Eve. Benjamin Biolay : Henri. Laeticia Dosch : Tina. Lucas Englander : Jonas. Evelyne Buyle : Madame Belin.

Les Apparences

Belgique, France, 2020, 110min.

Réalisation : Marc Fitoussi

Biographie :

Marc Fitoussi a 44 ans. Les Apparences est son 6° long métrage. Auteur reconnu de comédies, il sait confier ses rôles à des acteurs de talent : Isabelle Huppert dans Copacabana (Semaine de la Critique Cannes 2010), et dans La Ritournelle (2014). Sandrine Kiberlain dans Pauline détective (2012), Emilie Duquesne dans Maman a tort (2016). Il a écrit plusieurs épisodes de la série Dix pour cent (2018) où jouent Monica Bellucci, Charlotte Gainsbourg, Sandrine Kiberlain.

Résumé :

Vienne. Une petite communauté d’expatriés français ultra privilégiés y mène une vie mondaine et creuse. Eve, qui travaille à l’Institut français, est très éprise de son mari Henri, chef d’orchestre renommé. Le rêve tourne au cauchemar quand il s’avère qu’Henri entretient une liaison avec Tina, l’institutrice de leur fils. Eve n’a plus qu’une idée : sauver les apparences. Ne pas perdre la face.

Analyse :

Vous serez d’accord avec moi : ils sont imbuvables, tous. Qui ? Ce petit groupe de Français à l’étranger, cadres d’entreprise, personnel d’ambassade, expatriés classe tout confort dans la belle ville de Vienne, appartements luxueux, revenus haut de gamme. On s’invite à dîner, on discute de tout et surtout de rien, les femmes sont élégantes et toutes semblables : robes, bijoux et coiffure dernier cri. Les langues de vipère s’en donnent à cœur joie. Et bien entendu : on ment tout le temps, sur son passé, ses sentiments, son identité. Eve, par exemple, superbement interprétée par Karine Viard (elle est remarquable, on s’y attendait) qui rembarre brutalement sa pauvre mère quand celle-ci l’appelle Evelyne, oubliant que sa fille, maintenant qu’elle est l’épouse d’un brillant chef d’orchestre, exige d’être appelée Eve : c’est tellement plus chic !

Eve et Henri adorent cette vie viennoise. Allant de réceptions mondaines en spectacles, ce couple « bon chic bon genre » est sur un petit nuage jusqu’au jour où Eve a la preuve que son mari la trompe, qui plus est avec l’institutrice de leur fils : Il s’est entiché d’une roturière. Comment éviter le scandale, garder la face ? se demande Eve, atterrée par l’événement, elle qui aime toujours son mari. Comment sauver les apparences au sein de ce microcosme auquel elle est si fière d’appartenir ? Glaciale, elle encaisse, se venge, s’enferre dans des stratagèmes à la Chabrol, voire Woody Allen : c’est dire si c’est réjouissant ! Sauf lors du retournement final où Eve en deviendrait presque pathétique.

Les personnages secondaires existent eux aussi pleinement : que ce soit Jonas, le jeune amant d’un soir, ce charmant et inquiétant jeune homme, porteur discret d’un bracelet électronique ou encore la petite madame Belinqui travaille à l’Institut, au minois tellement naïf qu’on lui confierait son chat…

Une comédie humaine, intelligente et drôle, on rit souvent, parfois d’un rire un peu crispé certes, c’est voulu.

Pas de réelle causticité, pas de vraie méchanceté dans cette comédie humaine: à la différence d’un Chabrol, Fitoussi se contente d’observer. Il nous laisse le soin de juger.

Françoise Lods

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