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Fiche technique :

Réalisation : Aurel ; scénario : Jean Louis Milesi ; musique : Silvia Pérez Cruz ; montage : Thomas Belair ; distribution France : Sophie Dulac Distribution.

 

Avec :

Avec les voix de Sergi Lopez (Josep), Gérard Hernandez (le grand-père), Bruno Solo (Serge), Silvia Pérez Cruz (Frida Kahlo), David Marsais (le petit-fils), François Morel (un gendarme), Valérie Lemercier (La mère du petit-fils). 

 

Josep

France, Espagne, 2020, 113min.

Réalisation : Aurel

Biographie :

Né en 1980, Aurel est un dessinateur de presse, auteur de bandes dessinées et cinéaste. Après des études scientifiques il exerce dès 2001 en tant que dessinateur de presse pour le quotidien L’Hérault du jour où Il réalise des croquis lors des procès d'assises, puis pour l’Agence France presse. Il travaille pour Le Monde, Politis et Marianne et pour Le Canard enchaîné. En 2011, il coréalise un court-métrage d'animation , Octobre noir. Josep, son premier long métrage, a été sélectionné pour le Festival de Cannes 2020 (qui n'a pas eu lieu).

Résumé :

Dans ce film d’animation, Aurel raconte l’histoire de Josep Bartoli, dessinateur engagé contre la dictature de Franco, de sa détention dans un camp de réfugiés en France en 1939, jusqu’à sa fuite au Mexique puis à New-York. Il met en lumière l’amitié qui se noue alors entre l’artiste et un gendarme français.

Analyse :

Avec ce premier film Aurel signe un magnifique film d’animation qui retrace le destin de Josep Bartoli, dessinateur de presse catalan, responsable du parti communiste catalan, qui à l’issue de la guerre d’Espagne, en 1939, a dû fuir son pays et s’est retrouvé parmi les quelque 450 000 réfugiés dans le sud de la France. Loin d’être accueillis à bras ouverts par « la patrie des droits de l’homme », ils ont été parqués dans des camps de concentration, notamment ceux d'Argelès et de Rivesaltes, où ils ont survécu dans des conditions humiliantes, indignes, pouilleux, en haillons, mal nourris, mal soignés, violentés, en butte à un effroyable racisme de la part des petits gendarmes qui les gardaient et qui préfiguraient ce que serait la France collaborationniste de Vichy. Dans cette désespérance une lueur d’espoir. Un gendarme plein de compassion, Serge, qui se lie d’affection pour Josep, lui fournissant papier et crayons pour lui permettre de dessiner. Aurel qui est lui-même dessinateur, réalise un grand ‘film dessiné’, comme il aime à le dire lui-même, d’une grande force politique (« le dessin comme un cri »), qui met l’accent sur une page particulièrement déshonorante de notre histoire et sur la transmission de la mémoire. En effet le film est sous forme de flash-back qui alternent entre présent et passé, de Serge mourant qui raconte cet épisode de sa vie à son petit-fils, au destin exceptionnel de Josep. Un film audacieux dans sa forme. Pour chaque séance chronologique Aurel utilise un trait particulier. Très classique lorsqu’il dessine le présent, la relation entre Serge et son petit-fils, un rythme d’animation saccadé et un trait précis lorsqu’il figure l’horreur du camp avec des couleurs noires, ocres et des dessins à la plume, des couleurs flamboyantes et vives, orange et bleu maya, aux images qui sont parfois comme des ébauches lorsqu’il montre la vie de Bartoli qui a réussi à fuir au Mexique, en passant par les bras de Frida Kahlo, et s’est installé plus tard aux États-Unis. Aurel mêle parfois à son film de vrais dessins de Bartoli car ils parlent la même langue. Ce film est splendide, chargé d’une grande poésie, d’une sensibilité et d’une émotion bouleversantes qui vont droit au cœur. On ne peut que regretter l’annulation du festival de Cannes car il aurait probablement figuré au palmarès.

Marie-Jeanne Campana

Autres articles sur ce film

  • Emission Champ Contrechamp du 27 octobre 2020 Jean Lods et Françoise Lods, Jean-Michel Zucker, Marie-Jeanne Campana,
  • Emission Ciné qua non du 20 octobre 2020 Simone Clergue et Claude Bonnet, Alain Lafont, Guylène Dubois,