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Fiche technique :
Réalisation : Andrei Konchalovsky – Scénario : Elena Kiseleva, A. Konchalovsky – Montage : Serguei Taraskin, Karolina Maciejewska – Images : Alexander Simonov – Musique : Edward Artemyev – Décors : Maurizio Sabatini – Cost. : Dimitri Andreev - Distribution : UFO Distribution.

Avec :
Alberto Testone (Michel-Ange), Jacob Diehl (Peppe), Francesco Gaudiello (Pietro), Federico Vann (Sansovino), Glenn Blackhal (Raphaël).

Michel-Ange (Il peccato)

Italie, Russie, 2020, 136min.

Réalisation : Andrei Konchalovsky

Biographie :

Réalisateur, scénariste, compositeur russe né en 1937, il étudia le cinéma à Moscou. Ami de Tarkovsky, il collabora à la réalisation d’Andrei Roublev. Quelques ennuis avec la censure, mais Siberiade (1978) (Grand Prix du Jury Cannes), histoire de l’évolution de la Sibérie, tout au long du XXème siècle, lui vaut un retour en grâce. Il réalise aux Etats Unis : Maria’s Lovers en 1984 et Runaway Train en 1985. Retour en Russie avec Le cercle des intimes (1989) et Paradis (2016 – Lion d’Argent Venise).

Résumé :

Ce n’est pas la biographie mais un fragment de vie hors du commun d’un sculpteur et peintre (mais aussi poète et urbaniste) à l’énergie créatrice inépuisable. Il vient de terminer La Chapelle Sixtine, nous sommes en 1512. Son commanditaire le pape Jules II, a passé commande de son tombeau, que Michelangelo mettra quarante ans à réaliser. En butte aux Médicis et à la jalousie de ses pairs, il luttera pour la reconnaissance de sa spécificité d’artiste.

Analyse :

Cela commence par le monologue d’un homme filmé de dos, qui arpente d’un pas rapide un de ces magnifiques chemins de Toscane, bordé de cyprès et entouré d’oliviers séculaires. Michel-Ange Buonarroti exprime sa colère à l’égard de Rome, du Vatican, et de Florence, lieu de pouvoir et de débauche. Mais l’artiste n’a jamais manqué de travail car les commandes affluaient, des Papes, des Médicis, des riches familles d’Italie. A tel point qu’il avait du mal à terminer ses oeuvres. Une ombre tutélaire accompagne sans cesse l’artiste, celle du poète Dante. Lien avec la Mort et ses mystères, entre Paradis et Enfer, entre gloire et damnation ! Et la réalisation cinématographique est à la hauteur du sujet. A laisser pantois le spectateur d’une histoire dramatique et picaresque, comme avec un tableau du Caravage. Les paysages, les carrières gigantesques de Carrare, le village où grouille une population pauvre et pleine de vie, et aussi la présence menaçante des seigneurs ou envoyés des pouvoirs en place (les Médicis, les della Rovere) et vengeurs : tout ce monde se déroule tel un courant d’énergie, plein « de bruit et de fureur » ! Michel-Ange allait chercher ses blocs de marbre et les choisissait avec grand soin. Il faut lire le livre d’Eléonor de Récondo, Pietra viva, qui peut servir d’introduction au film. Le « Monstre » est un énorme bloc de marbre qu’il subtilise à Sansovino, un sculpteur rival. La séquence de l’extraction du bloc et de sa lente translation à l’aide de palans et de cordes vers un char à boeufs est fascinante. L’acteur qui joue Michelangelo est une réplique vivante d’un tableau de Daniele da Volterra. Le rythme des images est accompagné d’une musique lancinante. Enfin, bon, un chef d’oeuvre.

Alain Le Goanvic

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