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Fiche technique :
Réalisation : Conrad Vernon & Greg Tiernan ; scénario : Matt Lieberman ; chef d'animation : Alaa Afifah ; décors : Patricia Atchison ; musique : Jeff & Mychael Danna ; distribution France : Universal Pictures International (UPI) .

Avec :
Film d'animation, mobilisant quelques centaines d'artistes et techniciens autour des studios Cinesite.

La famille Addams (The Addams Family)

Etats-Unis d'Amérique, 2019, 87min.

Réalisation : Conrad Vernon, Greg Tiernan

Biographie :

Conrad Vernon est un Texan né en 1968. Etudes en Californie et animateur depuis 1992 (Cool World, de R. Bakshi), il a co-réalisé des films grand public comme Shrek 2 (2005) ou Madagascar 3 (2012). Greg Tiernan, Irlandais né en 1965, connut un succès immédiat avec Fievel et le nouveau monde (1986), film pour enfants qui conquit un public bien plus large. Avec Conrad Vernon, il a déjà co-réalisé Sausage Party en 2016. Le superviseur d'animation Alaa Afifah, Emirati, vit au Québec. Ce sont les jeux vidéo qui, enfant, l'ont orienté vers la carrière d'animateur de personnages.

Résumé :

La famille Addams voit le manoir gothique où elle réside cerné par les projets immobiliers clinquants de Margaux Needler, une affairiste aux dents longues. Et ceci alors que le jeune Pugsley doit préparer sa mazurka initiatique devant le ban et l'arrière-ban de la tribu Addams.

Analyse :

C'est ici la neuvième mise à l'écran de l'œuvre de Charles Addams, mais seulement le troisième long métrage après ceux de Barry Sonnenfeld (La famille Addams, 1991, 1h39 puis Les valeurs de la Famille Addams, 1994 1h34) où Angelina Huston campait une Morticia inoubliable ; pour le reste, des séries TV de 1964 à 1998, sans parler de nombreux jeux vidéo. Une absence de plus de vingt ans qui prend fin ! Pour quel résultat ?

Le plus facile, l'univers visuel est respecté, décors, costumes et personnages immédiatement familiers, avec une forte influence burtonienne. Le passage du N&B de l'œuvre originale à la couleur est établi depuis longtemps, et le fort contraste mis en place ici entre les teintes endeuillées du milieu des Addams et les couleurs flamboyantes de celui de Margaux Needler fonctionne efficacement. Curieusement, l'aspect sinistre des Addams, avec leur langage à-rebours (on se souhaite de mauvais cauchemars) et leurs jeux infâmes (bricolage de guillotines) ne se révèle pas répulsif : une sensation qu'éveille en revanche l'avide et agitée animatrice de télévision, qui met son média au service de son business immobilier et vice-versa. Entre les deux, le troupeau des clients ahuris figure la clientèle d'un consumérisme grossier.

Le jeu consiste donc à guetter les manifestations les plus 'choquantes' de l'anticonformisme addamsien, lequel perd de sa vigueur quand il est le fait d'ados ou pré-ados dont c'est une pratique familière. Les séductions que Mercredi et la fille Needler échangent en se singeant l'une l'autre, chacune à contre-courant de ses proches, sont savoureuses. En revanche, l'histoire de la mazurka, que le gauche Pugsley doit maîtriser pour gagner ses galons auprès de parents mal connus arrivés de Pologne, tend à faire long feu.

Ce dernier épisode met en lumière finalement la fausse originalité de cette gens Addams : leur bizarrerie tient à une panoplie de gadgets effectivement hors du commun, mais ce qu'ils en font relève du comportement le plus convenu ; et si finalement oncle Fétide et Margaux Needler font advenir le happy end, celui-ci prend place dans la continuité des sentiments affectueux et sympathiques qui règnent depuis le début au sein de cette famille, dont on aimerait qu'il y en ait davantage !

Jacques Vercueil

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