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Fiche technique :
Réalisation : Bud Boetticher ; scénario : Burt Kennedy ; image : William H. Clothier ; montage : Everett Sutherland ; musique : Henry Vars ; distribution France (1956) : Warner Bros.

Avec :
Randolph Scott (Ben Stride le shérif), Gail Russel (Annie Greer), Walter Reed (John Greer), Lee Marvin (Bill Masters), John Larch (Payte Bodeen), Don 'Red' Barry (Clete).

Sept hommes à abattre (Seven From Now)

Etats-Unis d'Amérique, 1956, 78min.

Réalisation : Bud Boetticher

Biographie :

L'Etatsunien Bud Boetticher (1916-2001) suivit une académie militaire puis fut, à l'université, un brillant footballer et boxeur. Matador au Mexique, cela le conduisit à conseiller le film Arènes sanglantes (1941, de Rouben Mamoulian) : de là son entrée au cinéma. Des débuts au contact de John Wayne et John Ford devaient l'orienter presque définitivement vers le western. Il travailla beaucoup au début avec Burt Kennedy et Randolph Scott. Derniers films (deux documentaires) en 1972 et 1985.

Résumé :

Un ancien shérif s'emploie à venger la mort de sa femme en retrouvant les sept bandits responsables de la fusillade qui l'a tuée. Dans les mêmes temps et lieux, le vol d'un coffre de dollars qui passe de mains en mains multiplie les assauts de cupidité.

Analyse :

Un titre sauvage, et un sujet de même, font de ce film remarquable une sorte d'archétype du western, ou de certains westerns – il y en a d'autres styles bien sûr, puisqu'ici des thèmes du genre tels que la migration des colons ou la confrontation avec les Indiens sont absents. Ce qui est mis en exergue par Bud Boetticher et Burt Kennedy dans leur film, c'est l'individualisme absolu, et ce cynisme dans la recherche de l'enrichissement, chez les voyous de l'Ouest comme chez les magnats des affaires, qui a conduit les historiens à nommer cette époque aux Etats-Unis, fin XIX°-début XX°, le Gilded Age (l'âge du plaqué or).

Les deux moteurs de ce récit sont la vengeance et la cupidité. Deux moteurs qui semblent ne connaître aucun frein... Peu importent en effet les circonstances qui ont conduit Stride à se sentir en partie responsable du meurtre de sa femme, c'est la traduction de cet état d'esprit en une volonté de tuer qui est typique de ce genre de westerns ; et toute la puissance d'héroïsme dont est capable cet homme vieillissant, une fois épuisée faute d'aliment son obsession assassine, le conduira à une dernière 'exécution' qui vise à rendre l'or à ses légitimes propriétaires.

Ce culte rendu au veau d'or se verra encore magnifié dans une scène brève dont la réussite dramaturgique et visuelle fait un monument du cinéma. Masters, l'un des truands qui cherchent à s'emparer du coffre convoité par tous, vient de supprimer le dernier de ces prétendants. Il marche calmement vers son acolyte Clete venu à sa rencontre, le tue d'un coup de revolver, et parvenu auprès de lui se penche pour saisir le mégot encore fumant sur les lèvres du mort et allumer sa propre cigarette. Puis il poursuit.

A qui cette hallucinante affirmation de cupidité et de cynisme s'adresse-t-elle ? Ils se trouvent sans témoins dans un étroit canyon ; seuls à voir ce qui se passe, les spectateurs que nous sommes, le réalisateur qui nous envoie donc ce message, et Masters lui-même : appliqué à effacer de sa sensibilité toute trace d'humanité qui pourrait entraver sa recherche du profit, il pratique ce rite abominable pour son propre endurcissement dans le mal. Mais peut-être, tout simplement, manquait-il d'allumettes ?

Jacques Vercueil

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