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Fiche technique :
Réalisation : Anthony Quinn - Scénario : Jesse Lasky Jr - Image : Loyal Griggs - Montage : Archie Marshek - Musique : Elmer Bernstein- Distribution France 2020 : Paramount Channel.

Avec :
Yul Brynner (Jean Lafitte), Claire Bloom (Bonnie Brown), Charles Boyer (Dominique You), Inger Stevens (Annette Claiborne), Henry Hull (Ezra Peavey), E.G. Marshall (le gouverneur Claiborne), Charlton Heston (le général Andrew Jackson).

Les boucaniers (The Buccaneer)

Etats-Unis d'Amérique, 1958, 118min.

Réalisation : Anthony Quinn

Biographie :

Manuel Antonio Rodolfo Quinn Oaxaca (1915, Chihuahua – 2001, Boston) est connu pour sa magnifique carrière d'acteur (il fut aussi artiste-peintre et sculpteur). Epoux de Katherine, fille du producteur et réalisateur Cécil B. DeMille, il fut chargé par celui-ci, qui était tombé malade, de diriger à sa place le tournage de The Buccaneer. Ce fut la seule réalisation à l'actif d'Anthony Quinn, mais le beau-père remodela sensiblement le montage initial qu'avait dirigé Quinn.

Résumé :

A la fin de la guerre (1812-1815) de la Grande-Bretagne contre les Etats-Unis, une dernière offensive britannique sur La Nouvelle Orléans visait à reprendre la Louisiane. Le général étatsunien Andrew Jackson emporta la victoire (bataille de Chalmette) grâce à l'engagement décisif à ses côtés de Jean Lafitte, avec ses pirates et ses canons.

Analyse :

Le scénario de Jessie Lasky, fils du fondateur homonyme de la Paramount, restitue cet épisode (très mal connu de nous) avec beaucoup de fidélité à l'ouvrage de Lyle Saxon Lafitte the Pirate (1930). Les amourettes insérées pour en agrémenter le déroulement ne perturbent qu'à peine celui-ci. Les belles couleurs du Technicolor, moins criardes qu'en d'autres occasions, contribuent au plaisir d'une succession de tableaux vivants, où je relèverai entre autres réussites 'le marché des voleurs' ou 'l'abordage du Corinthian' : dans le premier, sous les frondaisons d'une forêt sauvage au milieu des bayous, la bonne société de la Nouvelle Orléans et ses élégantes se frotte aux rustauds de la flibuste pour leur acheter les précieux objets volés sur les navires piratés. Dans le second, c'est la chorégraphie en trois dimensions de la foule bigarrée des boucaniers, bondissant d'un bateau à l'autre, par-dessus les bastingages, sur les ponts et dans les hunes, et leur volubile excitation qui font spectacle.

Les deux personnages phares de ce récit sont campés par un Yul Brynner encore chevelu et un Charlton Heston anachroniquement grimé en billet de 20 dollars (Andrew Jackson devint président des Etats-Unis en 1829 ; il était en 1815 bien plus jeune que son effigie monétaire). Conflit entre deux nobles caractères, que leurs entourages voudraient inciter, chacun de son côté, à un comportement plus risqué mais moins chevaleresque ; et match nul finalement, car de tels chefs, le légaliste autant que le hors-la-loi, méritent leur position tant l'exemple qu'ils donnent est au-dessus des capacités du simple mortel.

Il y a plusieurs rôles féminins dans ce film, qui passent avec honneur le test de la schtroumpfette, bien que leur caractère surtout décoratif soit patent. Et la galerie des personnages de second plan, principalement chez les boucaniers (le 'général' Dominique, le fidèle Peavy, etc.) bien croquée et variée, anime heureusement de nombreuses scènes. En conclusion, un divertissement sans beaucoup d'invention, mais sans graves défauts, et qui nous rappelle combien d'événements curieux se cachent dans les recoins de l'histoire universelle.

Jacques Vercueil

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