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Fiche technique :
RĂ©alisateur : Max OphĂĽls, d’après l’Ĺ“uvre de Louise de Vilmorin ; scĂ©nario : Max OphĂĽls, Annette Wademant, Marcel Achard ; musique : Oscar Strauss et Georges Van Parys ; photographie : Christian Matras ; montage : Borys Lewin ; dĂ©cors : Jean d’Eaubonne ; production : Franco London Films.

Avec :
Danielle Darrieux (Comtesse Louise de) ; Charles Boyer (GĂ©nĂ©ral AndrĂ© de) : Vittorio de Sica (Baron Fabrizio Donati).

Madame de…

France, Italie, 1953, 100min.

RĂ©alisation : Max Ophuls

Biographie :

Max OphĂĽls est un cinĂ©aste français d’origine allemande nĂ© en 1902 et mort en 1957. Il dĂ©bute au théâtre en 1919 et se tourne vers le cinĂ©ma en 1929 rĂ©alisant son premier long mĂ©trage en allemand, Liebelei. De confession juive il se rĂ©fugie en France en 1933. Il y rĂ©alise quelques films. Devenu citoyen français en 1938 il part aux États-Unis en 1940. Il y rĂ©alise Lettre d’une inconnue (1948). De retour en Europe en 1950 il tourne une sĂ©rie de chefs-d’Ĺ“uvre, La Ronde (1950), Le Plaisir (1952), Madame de… (1953) et Lola Montès (1955) son dernier film.

Résumé :

Pour régler ses dettes, Madame de... vend à un bijoutier des boucles d'oreilles que son mari, le Général de..., lui a offertes et feint de les avoir perdues. Le Général, prévenu par le bijoutier, les rachète et les offre à une maîtresse qui les revend aussitôt. Le baron Donati les acquiert puis il s'éprend de Madame de... et en gage de son amour lui offre les fameuses boucles d'oreilles. Le parcours de ce bijou aura des conséquences dramatiques.

Analyse :

Madame de… est le dernier long mĂ©trage de Max OphĂĽls avec sa muse, Danielle Darrieux. Un film qui, malgrĂ© les annĂ©es, reste un chef d’Ĺ“uvre ; un film lĂ©ger et grave, plein de grâce et suprĂŞmement Ă©lĂ©gant. Il concentre tout le talent venu Ă  maturitĂ© de ce cinĂ©aste mort trop tĂ´t Ă  54 ans. Une Ĺ“uvre touchante pour plusieurs raisons.

D’abord on y retrouve des thèmes chers au rĂ©alisateur comme la peinture des dĂ©sillusions de l’amour au centre de plusieurs de ses films, Lettre d’une inconnue, La Ronde ou Le Plaisir. Également la transformation des ĂŞtres par la grâce de l’amour. Louise, Madame de… dont on ne connaitra que le prĂ©nom, est au dĂ©but du film une mondaine lĂ©gère, qui donne un sens Ă  sa vie en se ruinant dans l’achat de belles toilettes et de frivolitĂ©s. Le sentiment amoureux qui l’envahit, et qu’elle n’a plus Ă©prouvĂ© depuis longtemps, la transforme en une femme grave, Ă©mouvante, consumĂ©e par la passion amoureuse, qui semble prendre conscience de la vacuitĂ© de son existence. Mais les rĂ©flexes des mensonges et des compromissions de sa vie antĂ©rieure dĂ©truisent ce bel amour : « La femme que j’Ă©tais a fait le malheur de la femme que je suis » dira-t-elle. Des thèmes intemporels qui rĂ©sistent Ă  l’Ă©preuve du temps.

Ensuite parce qu’on y retrouve les mises en scène Ă©blouissantes du rĂ©alisateur. Une mise en scène qui touche ici Ă  la perfection, ingĂ©nieuse, fluide, lĂ©gère, Ă©lĂ©gante, prĂ©cise, qui suit les personnages dans leurs circonvolutions, avec des travellings qui ont fait la rĂ©putation du cinĂ©aste. Un plan sĂ©quence virtuose d’un bal, en rĂ©alitĂ© quatre qui semblent n’en faire qu’un, dont seuls les changements de costumes marquent les diffĂ©rentes dates. Une interminable valse qui n’est que le contrepoint de la narration circulaire chère au rĂ©alisateur. Une spirale qui structure le film passant d’une comĂ©die lĂ©gère et superficielle Ă  une descente inĂ©luctable vers un drame Ă  l’antique.

Enfin on doit souligner la magnifique direction d’acteurs. OphĂĽls a demandĂ© Ă  Danielle Darrieux d’incarner le vide. Elle y a parfaitement rĂ©ussi avec un jeu nuancĂ©, intense et d’une grande sensibilitĂ©. Les autres acteurs Ă©galement sont parfaits, que ce soit Charles Boyer dans le rĂ´le d’un gĂ©nĂ©ral qui dĂ©couvre qu’il aime sa femme ou Vittorio de Sica dans le rĂ´le du bel amoureux aux tempes grisonnantes.

Un chef d’Ĺ“uvre plein de grâce et d’Ă©lĂ©gance.

et Marie-Jeanne Campana,

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