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Fiche technique :
Réalisation : Milos Forman – Scénario : Jean-Claude Carrière, Milos Forman d’après Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos  – Directeur de la photographie : Miroslav Ondricek – Montage : Nena Danevic, Alan Heim – Musique : Christopher Palmer – Décor : Pierre Guffroy – Costumes : Paul Mangenot, Theodor Pistek, Carine Sarfati. 

Avec :
Colin Firth (le vicomte de Valmont), Annette Bening (la marquise de Merteuil), Meg Tilly (la présidente de Tourvel), Fairuza Balk (Cécile de Volanges), Henry Thomas (le chevalier Danceny), Jeffrey Jones (le comte de Gercourt), Siân Philips (Madame de Volanges), Fabia Drake (Madame de Rosemonde).

Valmont

Etats-Unis d'Amérique, France, 1989, 137min.

Réalisation : Milos Forman

Biographie :

Miloš Forman (1932-2018) est un réalisateur américain d'origine tchécoslovaque et scénariste. Après des études de cinéma à Prague, il réalise L'as de pique (1963) et Au feu, les pompiers (1967) où apparaissent ses thèmes de prédilection : satire sociale et défense de la liberté individuelle. Après le Printemps de Prague, il s'exile aux USA et réalise Taking off (1971),Vol au-dessus d'un nid de coucou (1975, 5 Oscars), Hair (1979), Ragtime (1981), Amadeus (1984),Valmont (1989), Larry Flint, (1996), L'homme sur la Lune (1999) et Les Fantômes de Goya (2005).

Résumé :

La marquise de Merteuil découvre que le comte de Gercourt, son amant, veut épouser Cécile de Volanges, tout juste sortie du couvent. Furieuse, elle demande à Valmont, son ami libertin, d’initier la jeune vierge aux plaisirs de la chair. Valmont ne refuse pas, mais il est absorbé par son amour pour la très sage Madame de Tourvel, sur la vertu de laquelle il parie avec la marquise. Cécile, de son côté, s’amourache de son professeur de harpe, le jeune et joli Chevalier de Danceny …

 

Analyse :

À la différence de Stephen Frears dont le film suit fidèlement non pas le roman mais la pièce qu’en avait tirée Christopher Hampton, Forman prend de la distance avec le livre de Choderlos de Laclos. C’est peut-être pour cela que le film de Forman, contrairement à celui de Frears, n’a pas été un succès commercial.

Forman s’intéresse au parcours du vicomte de Valmont, le libertin mort d’avoir aimé, pour une fois, sincèrement une femme. Il l’entoure de personnages plus complexes, plus subtils, plus riches que ceux de Choderlos de Laclos qui, stratège de métier, pensait les rapports amoureux comme une campagne militaire. La distance d’avec le roman est accentuée par un tournage en langue anglaise.

Il ne nous donne pas seulement à voire le marivaudage d’une poignée d’aristocrates. Par la somptuosité des costumes, le choix minutieux des objets, la qualité de la reconstitution des lieux, il recrée une ambiance et un monde vivants : les rues, le marché, les intérieurs éclairés à la bougie, les scènes champêtres et bucoliques. En contrepoint des joutes oratoires et des défis entre nobles, on perçoit le regard critique porté par ceux qui les servent.

On appréciera le classicisme et la fluidité de la mise en scène, l’impeccable direction d’acteurs, le casting intelligent, les performances des comédiens toujours justes. Le rythme du film, malgré les 137 minutes, ne faiblit jamais, on y sent une vitalité vibrionnante, emblématique de la jeunesse de tous les personnages, des jouvenceaux qui ont l’âge de leurs rôles (15 et 17 ans) aux « vieux » roués qui n’ont pas la trentaine. Tout est trépidant : les courses dans les escaliers, les galopades, les flèches lancées par des arcs (de Cupidon ?), les chutes à l’eau tout habillé, les pitreries…

Le film nous parle du jeu avec les codes amoureux et sociaux, avec la morale et l’apparence, mais aussi des sentiments vrais qui font irruption dans une mécanique huilée et la faussent. Il nous distille une morale amère : Valmont meurt (d’amour ?), les jeunes qui respiraient l’innocence et la fraicheur, deviennent à leur tour, des corrompus et dans quelques années ce monde superficiel et séduisant disparaitra dans les bouleversements de l’Histoire.

 

Nic Diament

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