logo



PROtestants et FILmophiles

PROmouvoir les FILms dont la qualité artistique et humaine aide à la connaissance du monde contemporain


ACCUEIL - QUI SOMMES-NOUS ? - ACTIVITES - PUBLICATIONS - GROUPES - CRITIQUES DE FILMS - RADIO - EN SALLE - FESTIVALS






Fiche technique :
Réalisation : Fernando Meirelles – Scénario : Antony McCarten – Montage : Fernando Tutz – Musique : Bryce Dessner – Décors : Livia Del Priore – Cost. : Luca Canfora – Distribution : Netflix (Plateforme).

Avec :
Anthony Hopkins (Benoît XVI), Jonathan Pryce (Pape François), Juan Minujin (Pape François jeune), Sidney Cole (Cardinal Turkson), Maria Ucedo (Esther).

Les deux Papes

Etats-Unis d'Amérique, Argentine, Royaume-Uni, 2019, 125min.

Réalisation : Fernando Meirelles

Biographie :

Né au Brésil en 1955, étudiant en architecture à Sao Paulo, travaille dans la publicité et la vidéo. Il réalise son long métrage en 1999 : Domesticas, qui témoigne déjà de ses préoccupations sociales. Il fait une forte impression au festival de Cannes avec La Cité de Dieu (2002), où il aborde de manière réaliste la violence des favelas. Il réalise aux Etats Unis en 2004 The Constant Gardener (tiré du roman de John Le Carré) et, en 2012, 360 (film choral au casting prestigieux).

Résumé :

C’est l’histoire imaginée de la rencontre de Benoit XVI et du cardinal argentin Bergoglio, contesté dans son pays jusqu’à décider de démissionner. Le Pape en exercice est fatigué et usé par l’exercice du pouvoir au sein du Vatican. Il est surtout confronté aux problèmes liés à l’adaptation de l’Eglise catholique à l’évolution rapide du monde. Il annonce à Bergoglio sa décision de démissionner, et voit chez son interlocuteur un successeur possible.

Analyse :

On est gagné progressivement par la relation entre les deux hommes, qui vivent dans une sphère qui nous est lointaine, sinon surfaite et qui semble d’un autre âge. La réalisation du film est impressionnante quant aux moyens déployés, les deux acteurs sont convaincants. Le scénario mélange habilement réalité et fiction, les dialogues entre les deux hommes sont nourris de prises de position sur le mariage des prêtres, l’homosexualité, le divorce. Le passé de Benoit XVI n’est guère évoqué. Par-contre, le portrait de l’évêque argentin est très pertinent, il illustre les contradictions entre l’action sociale vis-à-vis des pauvres qu’il a menée au sein de sa mission et les actions violentes et répressives d’un pouvoir militaire fasciste, qui suspecte les prêtres d’être des communistes. De quel côté pencher dans un combat douteux ? La recherche de compromis avec les autorités a laissé une ombre sur la personnalité du futur François. Les échanges entre les ‘deux Papes’ sont denses, courtois mais fermes. On assiste ainsi à un dialogue qui, pour être imaginaire, donne une dimension symbolique à la responsabilité personnelle d’hommes, chargés d’âmes mais fragiles devant l’ampleur tragique des enjeux. Nous sommes dans un nouveau genre de cinéma, un peu comme dans certains biopics et certaines séries comme The Crown, où des personnes réelles évoluant dans les sphères du pouvoir sont dépeintes dans leur subjectivité, leurs limites, leurs interrogations. On se souvient du film de Nanni Moretti, Habemus Papam, qui montrait le refus d’un Pape élu contre son gré d’assumer sa charge. Les séquences sur le vote en conclave des cardinaux, la foule amassée qui attend la fumée blanche, l’hystérie collective d’un peuple…toute cette mise en scène destinée au Monde grâce aux médias, peut agacer de nombreux détracteurs, et à juste titre, beaucoup de catholiques, qui attendent toujours et encore que les choses changent vraiment dans leur Eglise.

Le film se termine par l’accolade amicale que se donnent les deux papes. Bergoglio deviendra le Pape François et le monde continuera sa route, semée d’obstacles, de crises mais aussi de grandes espérances.

Alain Le Goanvic

Autres articles sur ce film