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Fiche technique :
RĂ©alisation : Fernando Trueba - ScĂ©nario : David Trueba d’après l’Ĺ“uvre d’Hector Avad Faciolince - Musique : Zbigniew Preisner - Photographie : Sergio Ivan Castano - Montage : Marta Velasco - Distribution. France : Nour Films.

Avec :
Javier Cámara (Hector Abad Gomez) ; Nicolas Reyes (son fils jeune) ; Juan Pablo Urrego (son fils adulte) ; Patricia Tamayo (Cecilia, sa femme).

L’Oubli que nous serons

Colombie, 2021, 136min.

RĂ©alisation : Fernando Trueba

Biographie :

Fernando Trueba, nĂ© en 1955, est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur espagnol. Il a d'abord Ă©tudiĂ© l'image Ă  Madrid, puis il rĂ©dige des critiques de cinĂ©ma et fonde son propre journal, Casablanca. Il rĂ©alise plusieurs courts-mĂ©trages comiques ou documentaires puis obtient son premier succès en 1980 avec un long-mĂ©trage, OpĂ©ra Prima. En 1994 il obtient l’Oscar du meilleur film Ă©tranger pour Belle Époque. Il a rĂ©alisĂ© une trentaine d’Ĺ“uvres. Il a obtenu trois Goya du meilleur film et deux Goya du meilleur rĂ©alisateur.

Résumé :

Colombie, annĂ©es 1980. AdaptĂ© de faits rĂ©els, L’Oubli que nous serons est le portrait d’un homme exceptionnel, le docteur Hector Abad Gomez qui a luttĂ© pour sortir les habitants de Medellin de la misère. MalgrĂ© les menaces qui pèsent sur lui, il a refusĂ© d’ĂŞtre rĂ©duit au silence, le payant de sa vie. C’est une chronique familiale qui s’inscrit dans l’histoire d’un pays marquĂ© par la violence.

Analyse :

Le rĂ©alisateur a adaptĂ© le roman Ă©ponyme d’Hector Abad Faciolince (2010), le propre fils du mĂ©decin. Il suit fidèlement la saga de cette famille de la haute bourgeoisie colombienne dont le père, mĂ©decin et universitaire, professe auprès de ses Ă©tudiants des idĂ©es de libertĂ©, de respect des droits de l’homme ; ce que doit ĂŞtre la santĂ© publique en faveur des dĂ©shĂ©ritĂ©s, l’assainissement des eaux, la lutte contre les pandĂ©mies avec des campagnes de vaccination. Mais ses idĂ©es ne plaisent pas en haut lieu. Il est renvoyĂ© de l’UniversitĂ© et figure sur la liste des personnes Ă  abattre. C’Ă©tait un homme gĂ©nĂ©reux, cultivĂ©, drĂ´le et d’une grande simplicitĂ©. Le film le montre essentiellement dans sa vie ordinaire auprès de ses six enfants (cinq filles et un garçon), leur donnant constamment des conseils et des leçons de vie, avec beaucoup de bienveillance et de gentillesse. Comme dans le roman le rĂ©alisateur a mis en scène avec soin la vĂ©ritable histoire d’amour qui lie le père et le fils.

C’est un film attachant, une reconstitution très appliquĂ©e, Ă  la mise en scène classique et soignĂ©e. Par une inversion de la tradition cinĂ©matographique il a utilisĂ© le noir et blanc pour le prĂ©sent et la couleur pour le passĂ©. Le film doit beaucoup de sa magie Ă  la magnifique interprĂ©tation de Javier Cámara, l’inoubliable infirmier de Parle avec elle.

On peut toutefois regretter que le contexte historique ne soit qu’Ă©voquĂ© et n’apparaisse qu’en toute fin du film. On peut regretter Ă©galement un manque de lĂ©gèretĂ© et de subtilitĂ©, nous offrant une hagiographie très appuyĂ©e oĂą les leçons du mĂ©decin tombent comme des sentences dont on se demande quelle part de libertĂ© de pensĂ©e elle peut laisser Ă  ses enfants. Sans doute dans son dĂ©sir d’ĂŞtre fidèle au roman le rĂ©alisateur n’utilise pas une technique commode du cinĂ©ma : l’ellipse. Tout est montrĂ©, rien n’est suggĂ©rĂ©, en particulier la rĂ©action Ă  la mort de leur père de chacune des cinq filles au moment oĂą elles l’ont apprise, ce qui donne un film long (2h16 !) qui n’aurait rien perdu Ă  ĂŞtre Ă©courtĂ© d’une bonne demi heure. C’est dommage.

Marie-Jeanne Campana

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