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Fiche technique :
Réalisation et scénario : Quentin Reynaud – Direction photo : Vincent Mathias – Montage : J.B Beaudouin – Décors : Pascal Le Guellec – Son : Stéphane Gessat – Distribution : Apollo Films.

Avec :
Axel Lutz (Thomas Edison), Ana Girardot (Eve), Kristin Scott Thomas (Judith), Jûrgen Briand (Damien), Leny Mijanana (Tarpichev), Hervé Pauchon (Patrick Gendre).

5ème SET

France, 2020, 113min.

Réalisation : Quentin Reynaud

Biographie :

Né en 1982 à Bordeaux, Quentin Reynaud est acteur, réalisateur et scénariste. A son actif, deux longs métrages : Course en sac (2010), Paris-Willoubly (2016). Ancien joueur semi-professionnel de tennis, il choisit Axel Lutz pour son troisième film, personnage inspiré par sa propre expérience.

Résumé :

A 37 ans, tennisman professionnel, en vérité en fin de carrière, Thomas se remet dans la compétition, alors qu’il est affaibli par de nombreuses blessures, dont une grave au genou. Il s’inscrit pour Roland-Garros, mais doit passer par les qualifications. Il reste sourd aux avis négatifs de sa femme et surtout de sa mère. Il met ainsi un enjeu considérable dans cette ultime ( ?) compétition. Il va se mesurer à un jeune joueur, vingt ans les séparent.

Analyse :

Le héros est fatigué, très bien incarné par l’acteur, avec ses rides et son regard mélancolique ! Le tout début du film est le constat médical, avec radios, échographies, agrémentées de quelques commentaires prudents et surtout de mise en garde des médecins. Peu à peu on apprend que Thomas a eu un début de carrière, à 17 ans, fulgurant. Thomas était un « espoir du tennis français », bref la gloire l’attendait ! On a beaucoup entendu ça dans les années 80-90 (époque Noah-Leconte). Mais d’année en année les contre-performances, les accidents multiples, l’analyse de sa mère (« Thomas n’aura jamais le mental d’un champion »), les aléas de la vie courante ont porté atteinte à cette aventure. Pourquoi reprendre la raquette à 37 ans, vingt ans après ? Thomas veut prendre sa revanche, il veut donner tort à ses détracteurs, et surtout à sa mère (l’actrice est au plus beau de sa forme, incarnant un mélange de tendresse pour son fils déchu et de sévérité dévastatrice). Le film de Quentin Reynaud est un hommage au tennis et à la glorieuse incertitude du sport. Les prises de vue des échanges sont très intenses. Un air de violoncelle aux notes perchées, comme en suspension, accompagne le récit. Les cameramen sont sur le court, équipés de staedicams et de magnétophones sophistiqués. Vitesse de balles, sons des frappes, déplacement des joueurs, tout cela prend un relief particulier et passionnant ! Voilà pour le côté technique. Le cinquième set est le grand moment, le climax, des grands matches de finale. .Mais il y surtout le scénario, le fil rouge qui tient le film : c’est l’histoire d’un homme qui lutte pour réaliser un rêve de jeunesse. Une affirmation narcissique de soi. Les dialogues avec sa mère (qui reprend ses critiques), les scènes conjugales sur les problèmes qui se posent au couple sont autant d’assauts subis par Thomas, qui a surtout besoin de trouver un sens à son existence. La séquence finale prend les allures d’un combat singulier, où Thomas va lutter contre lui-même. Les prises de vue sont spectaculaires, sans évacuer l’intimité du personnage, qui s’observe dans la progression de sa déchéance corporelle. De nombreux plans rapprochés montrent Thomas dans les vestiaires, inspectant son genou, sa main droite (qui saignent après chaque rencontre). Les rares mots échangés avec sa mère donnent toute la dimension d’un homme déterminé et désemparé. Le dernier plan montre au ralenti le service de Thomas, à faire frémit tous les pratiquants du tennis. Alors surgit la poésie, quand se joue la balle de match. Un film très attachant.

Alain Le Goanvic

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