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Fiche technique :
Réalisation : documentaire de Philippe Beziat en collaboration avec Clément Cogitore (metteur en scène de l’opéra), Leonardo Alarcon (direction musicale), Birton Dumbelé (chorégraphe), la troupe de « danseurs urbains », et trois chanteurs Sabine Devieilhe (soprano), Edwin Grossely (baryton), Stanislas de Barbeyrac (ténor).

Indes galantes

France, 2020, 78min.

Réalisation : Philippe Béziat

Biographie :

Philippe Beziat, spécialisé dans le documentaire musical, a signé de nombreuses œuvres qui font date :Traviata et nous (2012), Pelléas et Mélisande, Le chant des aveugles (2008), pour la télé Claudio Monteverdi aux sources de l’opéra (2017). Il a filmé beaucoup d’opéras et de ballets , de pièces de théâtre, pour le compte de festivals (Aix en Provence) et de la Comédie Française.

Résumé :

Une troupe de danseurs de rue, peu orthodoxes, est embauchée pour préparer la représentation d’un opéra-ballet du musicien de la cour de louis XV, Jean-Philippe Rameau. Nous sommes en 1735 et le compositeur crée Les Indes galantes, le premier de ses six opéras-ballets. Le film nous conduit dans les coulisses des répétitions, en vue de la Première, à l’Opéra Bastille, sous la conduite inspirée de Clément Cogitore, avec énergie et grâce.

Analyse :

Le choix des danseurs relève du travail de casting et, d’emblée, le spectateur est mis dans le bain. Les heureux sélectionnés se présentent, la plupart par des contacts vidéos, des messages sur Facebook, Messenger, WhatsApp. Femmes et hommes de couleur dans leur écrasante majorité, souriants, heureux d’être là. Diversité des origines, expérience surtout de danse dans les rues, à Los Angelès, Nairobi ou ailleurs. Leur pratique ? Des noms auxquels nous ne sommes pas habitués: krump , flexing, voguing, toutes formes de hip-hop… La caméra est très mobile, elle cadre souvent les visages juvéniles, expressifs. Et avec quel talent le film de Beziat va nous initier à cette forme de danse, née sur les trottoirs, développée face à la menace de la police, à la réprobation de certains passants. Des danses de « sauvages », dans un mouvement incessant, avec des contorsions extraordinaires, exprimant la vie, la revendication d’exister, mais non agressifs. Une chorégraphe est chargée d’organiser scènes collectives et individuelles. Birton Dumbelé, en osmose avec Clément Cogitore, petit à petit élabore le spectacle, aux sons de la musique lumineuse, classique, sage et modulée. Nous sommes à l’époque de la musique baroque. Contraste, choc de cultures, antinomie évidente ? Eh bien non, le charme de ce making of,est de montrer la passionnante aventure où la danse, la musique et les voix sont en dialogue et résonance. Montage rapide, plages de musique, chants (bel canto), éclairages recherchés et magnifiques. Nous sommes pris dans une ambiance jubilatoire. Et le tournage nous permet d’admirer les espaces mis à disposition, les moyens techniques en action, que ce soit les machineries (ainsi un incroyable robot de levage) ou les moyens numériques déployés (dont un écran vidéo géant). Au siècle de la mondialisation, du mélange des races, des échanges culturels multiples, il est étonnant de noter les correspondances avec le livret ! L’œuvre déroule, après l’ouverture et un prologue, les séquences ou « entrées » suivantes : Le Turc généreux, les Incas du Pérou, les Fleurs fête persane, les Sauvages…Nos danseurs peuvent donner libre cours à l’improvisation dans le langage des corps et des voix qui n’ont rien d’académique. Le soir de la Première est arrivé ; le film ne nous montrera pas le spectacle complet, mais le making of nous aura entièrement initiés et conquis !

Alain Le Goanvic

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