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Fiche technique :
Réalisation : Arthur Harari. Scénario : Arthur Harari et Vincent Poymiro. Photographie : Tom Hariri (frère d’Arthur). Montage : Laurent Sénéchal. Distribution France : Le Pacte.

Avec :
Yuya Endo (Onoda jeune), Kandji Tsuda (Onoda vieux), Yuya Matsuura (Kozuka jeune), Tetzuya Chiba (Kozuka vieux), Taiga Nakano (l’étudiant).

Onoda - 10 000 nuits dans la jungle

France, Allemagne, Belgique, Italie, Japon, 2021, 167min.
Sélection Un Certain Regard, Cannes 2021

Réalisation : Arthur Harari

Biographie :

Arthur Harari est né à Paris en 1981, dans une famille plongée dans le cinéma : grand-père, oncle, frère. Il fait ses études de cinéma à l’Université de Saint Denis et débute comme réalisateur de court métrage et acteur. Son premier long métrage est un policier ; Diamant noir (2016). Il vit en couple avec la cinéaste Justine Triet et joue dans son film La bataille de Solférino. Onoda a été projeté en ouverture de la session Un certain regard à Cannes 2021.

Résumé :

Onoda est l’histoire vraie de Hiro Onoda, un lieutenant de l’armée japonaise, envoyé dans une île des Philippines en 1944 pour y contrer le débarquement des Américains et y mener une guerre secrète de guérilla. Refusant la fin de la guerre, il restera, d’abord avec quelques hommes, puis seul dans la jungle, jusqu’en 1974.

Analyse :

La narration de l’expérience inouïe d’Onoda commence par la fin, en 1974, quand un étudiant japonais décide de retrouver ce soldat. Pour cela il diffuse, dans la jungle, un ancien chant patriotique qui deviendra le fil rouge du film puisque le réalisateur reconstruit l’histoire en flash-back et que cette musique apparait à divers moments de la vie du héros.

Ayant refusé d’être kamikaze, le jeune Onoda intègre une école qui forme à la guerre secrète car, ainsi qu’il l’écrira plus tard dans ses mémoires : « Comme presque tous nos concitoyens, nous considérions le Japon comme l'invincible pays des dieux. ». Le film se passe dans la jungle de l’île où la moiteur de l'air, la pluie qui ne finit jamais et cette couleur, invariablement émeraude, peut rendre les hommes fous comme dans Apocalypse now de Coppola ou encore Aguirre ou la colère de Dieu de Werner Herzog. Ce n’est pas le cas ici et même si l’objectif d’un retour des forces japonaises semble de plus en plus improbable, ces quatre hommes, qui se réduiront à un au fil du temps, s’organisent, apprennent à vivre ou plutôt à survivre dans leur univers hostile. Ils doivent se trouver des cachettes, fabriquer des abris et surtout trouver de la nourriture dans la nature et aussi de temps en temps en pillant les paysans philippins. A mesure que ses hommes sont décimés par des paysans, la désertion ou l’absurdité du combat contre les seuls éléments, Onoda s’enferme dans son mirage. Il faut dire qu’il est japonais et que l’esprit des anciens samouraïs est en lui avec le code Bushido qui lie le guerrier à son seigneur : honneur et loyauté. Tant que son chef ne lui en aura pas donné l’ordre, il ne cessera pas le combat. Il est fascinant de voir comment cet homme qui vieillit s’accroche à ses mythes, interprète les moindres signes de la nature, les moindres informations pour consolider sa folie. Arthur Harari parvient à filmer le temps qui passe, les semaines qui deviennent des années et le corps des hommes qui se dessèche, les visages qui s'usent, les amis que l'on perd. On sort vraiment subjugué par ce film inclassable.

Jean Wilkowski

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