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Fiche technique :
Réalisation : Emmanuel Carrère –Scénario, adaptation, dialogues : Emmanuel Carrère et Hélène Devynck - Direction photo: Patrick Blossier – Montage : Albertine Lastera – Son : Jean-Pierre Duret – Musique : Mathieu Lamboley - Distribution : Memento Distribution.

Avec :
Juliette Binoche (Marianne Winckler), Hélène Lambert (Christèle), Léa Carne (Marilou), Evelyne Porée (Nadège), Patricia Prieur (Michèle), Emily Madeleine (Justine), Didier Pupin (Cédric).

Ouistreham

France, 2021, 106min.

Cannes 2021, sélection La Quinzaine des réalisateurs

Réalisation : Emmanuel Carrère

Biographie :

Né en 1957 à Paris. Ecrivain, scénariste et réalisateur, un créateur naviguant entre la littérature et le cinéma, dont il est passionné. A été critique de cinéma pour Positif et Télérama. Comme écrivain, il s’est illustré par l’obtention du Prix Femina avec La classe de neige (1985) et du Prix Renaudot pour Limonov en 2011. Filmographie : Retour à Kotelnitch 2004, La Moustache 2005, adaptation de son propre roman de 1986.

Résumé :

Adaptation de l’ouvrage de Florence Aubenas Le quai d’Ouistreham, ce troisième long métrage du réalisateur mêle réel et fiction, tout en modifiant certains éléments du récit d’origine. La journaliste devient ici une romancière. Marianne Winckler entreprend un livre sur le travail précaire des femmes de ménage, qui chaque jour, très tôt le matin, et très tard le soir, vont dans des entreprises ou dans des cabines de bateau, pour y faire leur travail de nettoyage. Marianne découvre un monde aride et sans affect. Mais un groupe se forme où règnent l’entraide et la solidarité.

Analyse :

Le film est une réussite et un bel exemple du passage de l’écrit à la mise en images, comme le réalisateur l’a montré avec son précédent film La Moustache. Le côté documentaire est affirmé dans les premières séquences avec les démarches à Pôle Emploi de Marianne qui subit les questions directes et un peu brutales de l’employé chargé de lui proposer un emploi à sa convenance. Marianne, on le découvrira plus tard, se forge une double personnalité, en cachant sa véritable identité. Ce thème est une source d’inspiration chez Emmanuel Carrère, ses personnages étant souvent à double fond, ce qui leur donne une personnalité complexe, voire contradictoire, souvent douloureuse. (ex : L’Adversaire ). Personnage entre l’imposture et l’authenticité, Marianne va mener un double jeu, qui sera démasqué par Christèle. Dès les scènes d’exposition Christèle affirme une personnalité .forte et déterminée, en apostrophant les responsables du service de recrutement. Les deux femmes vont sympathiser au sein du petit groupe chargé du travail de « propreté », sous la conduite de leur cheffe. Le travail documentaire révèle les conditions très difficiles de ce métier mal considéré, une réelle exploitation avec bas salaires, horaires inhumains, lieux de travail lointains sans dédommagement financier. La formation se fait sur le tas, avec un encadrement féminin expérimenté. Peu de formation proprement dite, sauf une mais très infantilisante (sourire et politesse dans les relations professionnelles). Très fidèle au livre de Florence Aubenas, le scénario prend soin de donner vie à chaque membre du groupe, donnant même une touche de légèreté et de chaude amitié, au fur et à mesure que se déroule le récit. Le point fort de la relation amicale et attentionnée se manifeste avec l’anniversaire que les copines organisent pour Marianne, et aussi pour le départ de Marilou, la plus pin up d’entre elles. Le réalisateur avoue avoir beaucoup appris dans la direction d’acteur, grâce à la présence technique et chaleureuse de Juliette Binoche ! Et que dire du casting parfait qui a permis de réunir cette « troupe » miraculeuse, tellement heureuse d’être applaudie à Cannes, sur la scène de La Quinzaine des Réalisateurs. La musique participe également de cette atmosphère particulière du film, qui se termine toutefois sur une note douloureuse : Marianne et Christèle retournent chacune dans son monde. 

Alain Le Goanvic

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