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Fiche technique :
Réalisateur : Nanni Moretti ; scénario : Nanni Moretti, Federica Pontremoli, Valia Santella, d’après le roman d’Eshkol Nevo ; musique : Franco Piersanti ; photographie : Michele D’Atlanasio ; montage : Clelio Benevento ; distribution France : Le Pacte.

Avec :
Margherita Buy (Dora) ; Nanni Moretti (Vittorio, le magistrat) ; Alessandro Sperduti (Andrea) ; Riccardo Scamarcio (Lucio) ; Alba Rohrwacher (Monica).

Tre Piani

Italie, France, 2021, 119min.

Cannes 2021, Compétition Officielle

Réalisation : Nanni Moretti

Biographie :

Né en 1953, Nanni Moretti est un réalisateur, acteur, producteur italien. Il tourne en 1973 ses premiers courts métrages, et en 1976 son premier long métrage. Sa filmographie, avec 15 longs métrages et 10 courts, est en grande partie autobiographique. Il obtient avec Sogni d’oro le Grand Prix du jury à Venise en 1981. Journal intime obtient le prix de la mise en scène à Cannes en 1994 et La Chambre du fils la Palme d’or en 2001. En 2015 Mia Madre obtient le prix du jury œcuménique à Cannes. Le cinéaste revient sur la croisette en 2021 avec Tre piani.

Résumé :

Une série d’événements va transformer radicalement l’existence des habitants d’un immeuble romain, dévoilant leur difficulté à être parent, frère ou voisin dans un monde où les rancœurs et la peur semblent avoir eu raison du vivre ensemble.

Analyse :

: C’est la première fois, après quatorze longs métrages, que Nanni Moretti adapte un roman, celui de l’Israélien Eshkol Nevo (Trois Étages, Gallimard 2015), qu’il a transposé de Tel-Aviv à Rome. À 68 ans il nous offre un film assez différent de ce que l’on attend généralement de ce cinéaste iconoclaste, politiquement engagé avec humour et férocité. Un film austère, plein de mélancolie, empreint d’une certaine amertume. Ce changement de ton a pu déconcerter. A la réflexion ce n’est pas justifié. Même si l’on peut penser que ce n’est pas son meilleur film, il reste très au-dessus de la moyenne. Certes un réalisateur plus sombre, plus mélancolique, mais toujours aussi émouvant, plus sage, ce qui transparait même dans sa mise en scène sobre, classique et sans clinquant. On y retrouve un Moretti familier, celui des rapports intimes de la famille, celui de La chambre du fils ou de Mia madre, où il aborde des thèmes qui lui sont chers, le couple, la famille, la filiation. Un procès contre la paternité toxique, destructrice ou absente, sur le mal que peuvent faire les parents aux enfants et inversement.

C’est l’histoire de trois familles dans un immeuble bourgeois de Rome, vivant à des étages différents, sur une période de dix ans. Le film commence par une scène fracassante : une voiture déboule dans une rue à toute vitesse, tue une passante et finit par s’encastrer dans le rez-de-chaussée d’un immeuble. On découvre alors les habitants de l’immeuble et les malheurs qui les accablent : maladie mentale, délinquance sexuelle, démence sénile, conflits parentaux et conjugaux, méfiance envers le prochain, mal être de vivre ensemble. Moretti porte sur tout ce monde décadent un regard lucide, sans une once d’humour et sans jugement. Le sens politique du réalisateur n’est pas absent. Cet immeuble symbolise les problèmes qui hantent nos sociétés actuelles, l’intolérance, le sectarisme, l’inacceptation de l’autre, du différent.

Si les hommes ne sont pas vus sous leur meilleur jour, les femmes s’en tirent mieux. Ce sont elles qui tentent de raccommoder ces vies désunies et de transmettre enfin un amour que l’on aurait pu croire disparu…Le film se termine sur une note d’espoir avec des couples qui dansent le tango dans la rue emportés par la joie.

Marie-Jeanne Campana

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