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Fiche technique :
RĂ©alisation : AĂŻssa MaĂŻga ; scĂ©nario : AĂŻssa MaĂŻga et Ariane Kirtley sur une idĂ©e de Guy Lagache ; musique : Uèle Lamore ; photographie : Roussan Dion ; Son : Mathieu Mangematin ; montage : Isabelle Devinck et Linda Attab ; distribution France : Les Films du Losange.

Marcher sur l’eau

France, Belgique, 2021, 179min.

Cannes 2021, Le cinéma pour le climat

RĂ©alisation : AĂŻssa MaĂŻga

Biographie :

AĂŻssa MaĂŻga est une actrice et rĂ©alisatrice française nĂ©e en 1975 Ă  Dakar. Après un premier rĂ´le en 1996 dans Saraka Bo de Denis Amar, elle enchaĂ®ne les seconds rĂ´les. Elle est remarquĂ©e en 2014 pour ses rĂ´les dans Les poupĂ©es russes de CĂ©dric Klapish et dans L’un reste, l’autre part de Claude Chabrol. Elle tient le rĂ´le principal dans Bamako (2006) d’A. Sissako. Elle rĂ©alise en 2007 un court mĂ©trage, Laissez-les grandir ici ! et en 2021 deux documentaires, Regard noir et Marcher sur l’eau sĂ©lectionnĂ© Ă  Cannes 2021 dans la section CinĂ©ma pour le climat. Sa carrière est couronnĂ©e de très nombreux prix.

Résumé :

C'est un documentaire tournĂ© entre 2018 et 2020 dans le nord du Niger qui nous raconte l’histoire du village peul de Tatiste, victime du rĂ©chauffement climatique.

Analyse :

La rĂ©alisatrice nous montre les difficultĂ©s quotidiennes des habitants ; chaque jour Houlaye quatorze ans, comme d’autres jeunes filles, marche des kilomètres pour aller puiser l’eau. Cette tâche quotidienne les empĂŞche, en particulier, d’ĂŞtre assidues Ă  l’Ă©cole. Cette absence d’eau pousse Ă©galement les adultes Ă  quitter leur famille chaque annĂ©e pour aller chercher les ressources nĂ©cessaires Ă  leur survie au-delĂ  des frontières. Sur ce sujet tellement commentĂ© la rĂ©alisatrice ne nous assomme pas avec des discours scientifiques. Elle choisit de nous mener en douceur, avec sensibilitĂ©, Ă  la conscience de ce que peut reprĂ©senter pour certains peuples le danger de disparition en raison du dĂ©règlement climatique. Sans moralisme elle filme simplement le vĂ©cu, la rĂ©alitĂ© de ce peuple. Sa camĂ©ra se concentre essentiellement sur les femmes et les enfants, les victimes majeures de ce phĂ©nomène. On suit la vie d’une famille avec ses moments de douceur : un père qui lave son tout petit garçon avec le peu d’eau dont il dispose ; des moments de bonheur simple mais des moments de dĂ©chirement aussi, la mère qui part vers le NigĂ©ria proche pour aider la famille, le père qui part pour de nombreuses semaines avec son troupeau dans l’espoir de trouver du pâturage, laissant Ă  Houlaye la charge de la famille. Une Houlaye d’une maturitĂ© Ă©tonnante, tellement belle qu’on pourrait croire Ă  une fiction de cinĂ©ma. La cinĂ©aste nous offre de somptueuses images de cette rĂ©gion devenue dĂ©sertique, parsemĂ©e de quelques arbres chĂ©tifs, alors qu’avant la vĂ©gĂ©tation Ă©tait si dense que les enfants pouvaient s’y perdre.

L’unique instituteur du village avec des enfants de tous âges, leur explique qu’un lac souterrain de plusieurs milliers de kilomètres s’Ă©tend sous leurs pas, ce qui fait dire joliment Ă  Houlaye qu’ils marchent sur l’eau. Il suffirait d’un forage. MalgrĂ© les efforts du village pour l’obtenir des autoritĂ©s, c’est par l’action de l’ONG Amman Imman qu’un forage apportera l’eau tant convoitĂ©e. Une dernière scène Ă©mouvante oĂą les enfants pataugent gaiement sous le geyser d’eau sorti du sol.

Marie-Jeanne Campana

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