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Fiche technique :
Réalisateur : Kevin Macdonald. Scénario : Rory Haines, Sohrab Noshirvani d’après le livre de Mohamedou Ould Slahi. Photographie ; Alwin H. Küchler. Montage : Justine Wright.

Avec :
Tahar Rahim (Slahi), Jodie Foster (Hollander), Benedict Cumberland (Stuart), Shailene Woodley (Duncan).

Désigné coupable (The Mauritanian)

Etats-Unis d'Amérique, 2021, 130min.

Réalisation : Kevin MacDonald

Biographie :

Kevin Macdonald est né à Glasgow en 1967. Sa famille travaille dans le cinéma et il commence sa carrière par des documentaires dont Un jour en septembre sur l’attentat contre les athlètes israéliens aux J.O. de 1972. Suivront des longs métrages dont : Le dernier roi d’Ecosse (2006), Jeux de pouvoir (2009) et Désigné coupable (2021).

Résumé :

Deux mois après les attentats du 11 septembre 2001, Mohamedou Ould Slahi est arrêté chez lui par la police mauritanienne et livré aux Américains. Il passera 14 ans en prison dont la plupart dans le camp de Guantanamo sur l’île de Cuba.

Analyse :

Les Américains sont passés maître dans l’art de créer des catastrophes sur le plan mondial et, très rapidement après, de faire des films sur ces sujets pour se battre la coulpe. Les exemples abondent comme sur la guerre du Vietnam (Apocalypse now ou Voyage au bout de l’enfer), celle d’Irak ou d’Afghanistan (Zero Dark Thirty ou Mensonges d’Etat). Même les scandales qui nuisent à l’image des Etats-Unis ont donné lieu à Snowden ou à Le cinquième pouvoir sur le lanceur d’alerte Julian Assange ; un film est en préparation sur Harvey Weinstein. Avec Désigné coupable (Le Mauritanien en anglais), le cinéma s’attaque au camp de Guantanamo qui accueille des prisonniers « terroristes ». Ce camp est toujours en service et Donald Trump a signé un décret en 2018 ordonnant de garder ouvertes les installations. Le film se concentre sur le sort de Slahi, son isolement d’avec sa famille et des autres prisonniers, les interrogatoires interminables, des tortures physiques et mentales. Ce sont des scènes brutales, filmées cliniquement et sans pathos. A la description des souffrances de ce personnage vient s’ajouter deux autres récits. D’abord celui de l’avocate Nancy Hollander et de sa collaboratrice Teri Duncan. Avec ténacité les deux femmes vont se battre pour faire reconnaître le droit à une justice équitable. Ensuite apparaît le procureur militaire, le colonel Stuart, qui est prêt à réclamer la tête de Slahi mais qui changera d’avis devant l’absence de preuves. Bien sûr, Présumé coupable est un film militant mais la justesse du jeu des acteurs en fait un vrai thriller attachant du début à la fin.

Jean Wilkowski

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