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Fiche technique :
Réalisation : Xavier Beauvois – Scénario : Frédérique Moreau, Marie-Julie Maille, Xavier Beauvois  Direction photo : Julien Hirsch – Montage : Marie-Julie Maille, Julie Duclaux – Décors : Yann Mégard – Distribution : Pathé, Orange Studio.

Avec :
Jérémie Rénier (Laurent), Marie-Julie Maille (Marie), Victor Belmondo (Quentin), Iris Bry (Carole), Geoffroy Sery (Julien), Olivier Pequery (Pierre), Madeleine Beauvois (Poulette).

Albatros

France, 2021, 115min.

Réalisation : Xavier Beauvois

Biographie :

Né en 1967, dans le Pas-de Calais, Xavier Beauvois a compris sa vocation grâce aux encouragements de Jean Douchet (célèbre critique des Cahiers du Cinéma). Assistant-réalisateur d ‘André Téchiné et de Manuel de Oliveira, il réalise un court-métrage Le Matou en 1986 et son premier long-métrage, Nord (1989). En 1995, son film N’oublie pas que tu vas mourir obtient le Prix Jean Vigo et le Prix du jury à Cannes. Acteur dans de nombreux films. La consécration lui vient surtout avec Des hommes et des dieux en 2010 (Grand Prix du jury à Cannes). Albatros est sélectionné au festival de Berlin en 2020.

Résumé :

La vie dans une brigade de gendarmerie, à Etretat. Laurent, chef de cette brigade, et Marie, sa femme, parents d’une adorable petite-fille, envisagent de se marier. Le pays connaît quelques problèmes classiques de notre époque, en particulier dans un monde paysan en crise. Laurent veut retrouver son ami paysan Quentin, en butte à l’administration, qui a disparu. Il le retrouve, mais un drame survient qui va changer sa vie. Plus qu’un beau film, une prière.

Analyse :

Le film ressemblerait au début à un documentaire sur Etretat, sa célèbre falaise, sa plage de galets, sa gendarmerie, et même le lieu d’une séance photos de publicitaire d’un couple asiatique en voyage de noces. Mais le bruit sourd d’un corps humain tombé de la haute falaise donne une réelle tonalité dramatique, à la deuxième séquence. C’est ainsi que démarre le récit qui nous est proposé. Mariage et désir de suicide vont planer comme de noirs corbeaux au dessus des personnages, annonciateurs d’un destin tragique. Après tout, c’est un peu le désensenchantement de la vie, car Laurent recherche le bonheur avec la femme qu’il veut épouser légalement (on note quand même une certaine réticence de Julie) et l’accomplissement de sa vie professionnelle malgré la complexité des choses. Il y a des abus sexuels pédophiles, des mines de la dernière guerre à désamorcer sous la plage (métaphore ?), des paysans qui se révoltent, étranglés par l’administration sanitaire et fiscale. Les scénaristes, dont l’épouse dans la vie du réalisateur, ont habilement élaboré le scénario pour nous amener subrepticement au coup de feu malencontreux qui tuera Julien, prêt à se suicider devant les gendarmes affolés. Responsable de cette bavure, Laurent est mis en examen. On voit devant ses supérieurs, la procureure, ses amis, un homme atteint de sidération, silencieux, aphasique (Jérémie Rénier génial). Le grand-père, ancien terre-neuvas, commandant de l’Albatros, surgit alors dans la mémoire de Laurent. Il décide d’appareiller et de quitter les rivages de désolation : « fuir là- bas, fuir », au diable le contrôle judiciaire ! Et c’est ici que commence l’Aventure spirituelle. Le navire à la voile immaculée affronte la houle, nous entendons la douce mélopée du Stabat Mater de Pergolèse. Puis surviennent la nuit et la tempête, un morceau de bravoure cinématographique, il faut bien le dire. Laurent se bat, les vagues se liguent contre Albatros, le navigateur perd le contrôle de la barre. A fond de cale, épuisé, il aperçoit un homme qui se saisit de la barre orpheline, Julien, le paysan qu’il a voulu sauver du suicide. Au fond de la nuit, rencontrant l’ultime possible défaite de l’homme terrassé, l’Ange vient à son secours. De retour sur la terre ferme, alors que résonne In Paradisium (Fauré, Requiem) Laurent esquisse un sourire. Sa femme revêtue de sa robe de mariée (d’une blancheur immatriculée) et sa fille au sourire éclatant, l’accueillent. Changer les évènements tragiques de la Vie ? Ce n’est pas possible, mais changer son regard, oui !

Alain Le Goanvic

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