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Fiche technique :
Réalisation et scénario : Callisto Mc Nulty - Production : Les films de la Butte, Alva Films, Centre audio-visuel Simone de Beauvoir - Distribution : Alba Films.

Delphine et Carole, insoumuses

France, 2021, 108min.

Réalisation : Callisto Mc Nulty

Biographie :

Née en 1990, Callisto Mc Nulty, petite fille de la vidéaste Carole Roussopoulos,  étudie la sociologie de l'art et les études de genre à Londres et s'intéresse particulièrement aux archives visuelles et sonores. Ce dernier documentaire rend hommage à la collaboration et au combat féministe de sa grand-mère et de Delphine Seyrig, actrice iconique des années 1960-80.

Résumé :

C’est le récit de la rencontre et de l’amitié entre la vidéaste Carole Roussopoulos (1945-2009), et la comédienne et réalisatrice Delphine Seyrig (1932-1990), idéal féminin au cinéma (Ackerman, Duras, Resnais , Truffaut…) et militante irrévérencieuse dans la vie. Ce documentaire lève le voile sur les combats féministes des années 1970.

Analyse :

En 1969 Carole rencontre, dans un stage de formation à une nouvelle caméra vidéo qu’elle organise, la déjà légendaire Delphine dont elle confessera plus tard qu’ « inculte comme j’étais, je ne savais pas qui (elle) était » ! En 1975, les deux femmes devenues amies et la réalisatrice Ioana Wieder (née en 1932) fondent le collectif Insoumuses puis, en 1982, le Centre audiovisuel Simone-de-Beauvoir dont la mission était de mettre « au cœur de leurs objectifs la conservation et la création des documents audiovisuels qui ont alors pu être recensés concernant l’histoire des femmes, leurs droits, leurs luttes, leurs créations ». A la fois « très en colère », comme le dit Delphine Seyrig, et pleines d’humour, les trois «insoumuses» vont se déchaîner pour réaliser des films faussement bricolés - en détournant des images de la télévision-, se moquer des misogynes sans complexes -un chef cuisinier macho, l’animateur de télé Pierre Bellemare, le couturier Louis Féraud-, mais aussi Françoise Giroud, alors qu’elle était secrétaire d’Etat chargée de la condition féminine en 1974-1976, sous Giscard d’Estaing. A l’origine, la franco-suisse Carole, auteur en 1971 d’un documentaire sur le FHAR (Front homosexuel d’action révolutionnaire), avait souhaité faire le portrait de sa « copine » Delphine, et plus particulièrement de l’« utilisation subversive » qu’elle faisait de la caméra en tant que réalisatrice. La mort l’empêchera de mener son projet à bien, que reprendront ses enfants et sa petite-fille. Constitué de nombreux documents d’archives, aux images parfois fragiles, ce film est autant le portrait de Carole et Delphine Seyrig que celui d’une époque de combats – féministes au premier chef, mais pas seulement. On ne peut que sortir à la fois mélancolique, mais aussi joyeux et admiratif, de ce beau documentaire, qui rappelle le temps plombé de l’immédiat après-Mai 1968, traversé cependant par un enthousiasme, une liberté, une créativité, une audace dans l’humour -la gerbe à la femme du Soldat inconnu déposée par le Mouvement de libération des femmes en août 1970 - qui enchantent.

Jean-Michel Zucker

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