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Fiche technique :
Réalisation: Philippe Le Guay. Scénario: Philippe le Guay, Gilles Taurand, Marc Weitzmann. Photographie: Guillaume Deffontaines. Son: Laurent Poirier, Vincent Guillon, Olivier Goinard. Montage: Monica Coleman. Musique: Bruno Coulais. Coproduction: Les films des Tournelles, Big Sur Films, France 2 cinéma. Distribution: Ad Vitam.

Avec :
Jacques Fonzic (François Cluzet), Jérémie Rénier (Simon Sandberg), Bérénice Béjo (Hélène Sandberg), Jonathan Zaccaï (David Sandberg), Victoria Eber (Justine).

L'homme de la cave

France, 2021, 114min.

Réalisation : Philippe Le Guay

Biographie :

Né en 1956, il entre à l’IDHEC après des études de lettres et son parcours sera éclectique. En 1989 un roman historique, Les deux Fragonard, puis en 1995 une comédie sentimentale, L’année Juliette, suivi d’un drame social Trois huit. Il écrit lui-même le scénario de ses films et quelquefois celui de ceux d’autres réalisateurs. En 2003 Le coût de la vie est un succès de même que Les femmes du 6ème étage en 2011, puis Alceste à bicyclette en 2013.

Résumé :

À Paris, Simon et Hélène décident de vendre une cave dans l’immeuble où ils habitent. Un homme, au passé trouble, l’achète et s’y installe sans prévenir. Peu à peu, sa présence va bouleverser la vie du couple.

Analyse :

Ce douzième film est à nouveau une oeuvre cinématographique réussie, et par ailleurs une bonne action car il braque le projecteur sur l’actualité permanente et récurrente de l’antisémitisme et du racisme, à une époque où un adolescent sur deux n’a jamais entendu parler de la Shoah. Le scénario est très directement inspiré d’un drame authentiquement vécu par des amis du réalisateur il y a une quinzaine d’années. Fonzic est un professeur d’histoire au passé trouble qui prétend entreposer dans la cave qu’il souhaite acquérir des archives familiales après la mort de sa mère. En réalité, comme il en a immédiatement réglé le prix et que, ému par le personnage, le couple lui en a remis les clés, il s’y incruste physiquement d'emblée, et va par son comportement détruire l’équilibre de la famille Sandberg et celui de l’immeuble où ils vivent. Dans ce thriller psychologique, le parti pris de l’auteur est celui de la complexité : gardant à l’esprit le personnage de Tartuffe, il ne montre jamais Fonzic proférant des propos scandaleux ou se livrant à des actions ignobles, préférant les faire découvrir et commenter par Simon et Hélène. Jouant sur l’angoisse du huis clos, l’atmosphère inquiétante du récit s’intensifie progressivement. Les lieux s’y prêtent : une cour d’immeuble à l’ancienne, le beau plafond de l’appartement des Sandberg qui se fissure, et surtout la cave, avec son labyrinthe de couloirs, lieu troublant de fantasmes, où se tapit Fonzic pour y tisser la toile de son emprise mentale. Après avoir affolé ses parents, c’est dans l’esprit de Justine leur fille, une adolescente vulnérable, qu’il va instiller le poison du doute, et, parmi les habitants de l’immeuble, un désarroi qui culmine avec une réunion de copropriété où coexistent comme sous l’Occupation ceux qui subissent et ceux qui s’indignent. Les interprètes sont parfaitement convaincants : François Cluzet donne à Fonzic le visage d’un pervers implacable mais aussi d’un misérable homme aux abois qui adopte, pour mieux abuser son entourage la posture d’une humble victime se battant pour la liberté d’expression et le droit de remettre en cause la vérité officielle. Jérémie Rénier est un juif laïc, droit et empathique, qui ne se pose pas trop la question de son identité mais va être contraint de le faire ; tandis que son épouse non juive -Bérénice Béjo - se montre en fait beaucoup plus horrifiée et révoltée que lui par une situation qui les déchire ; et que Justine - la prometteuse Victoria Eber - démontre la fragilité de sa résistance à l’emprise du négationniste.

Jean-Michel Zucker

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