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Fiche technique :

Réalisation et scénario : Eran Korilin d’après un roman de Sayed Kashua - directeur de la photographie : Shai Goldman - montage : Arik Leibovitch - compositeur : Habib Shehadeh Hanna - ingénieur du son : Aviv Aldema, Bruno Mercère - production : Les Films du Poisson, Dori Media Distribution - distributeur : Pyramide Distribution.

 

Avec :

Alex Bakri (Sami) - Juna Suleiman (Mirą) - Salim Daw (Tarek) - Ehab Elias Salami (Abed) - Khalifa Natour (Mohamed) - Izabel Ramadan (Zahara) - Samer Bisharat (Aziz).

 

Et il y eut un matin

Israël, France, 2021, 101min.

Réalisation : Eran Kolirin

Biographie :

Eran Korilin est un réalisateur israélien né en 1973. En France, il est surtout connu pour son premier film, La visite de la fanfare, cette farce radieuse et poétique qui voyait une fanfare égyptienne fraterniser avec les habitants d’un village israélien perdu dans le désert du Néguev et qui fut récompensé à Cannes en 2007 dans la sélection Un certain regard. Il a réalisé ensuite deux longs métrages, The Exchange en 2008 et Au delà des montagnes et des collines en 2016.

Résumé :

Sami vit à Jérusalem avec sa femme Mira et leur fils Adam. Ses parents rêvent de le voir revenir auprès d’eux, dans le village arabe où il a grandi. Le mariage de son frère l’oblige à y retourner le temps d’une soirée. Mais pendant la nuit, sans aucune explication, le village est encerclé par l'armée israélienne et Sami ne peut plus repartir. Très vite, le chaos s'installe et les esprits s'échauffent. Coupé du monde extérieur, pris au piège dans une situation absurde, Sami voit tous ses repères vaciller : son couple, sa famille et sa vision du monde.

Analyse :

"Quelque part loin d'ici, juste avant que la paix ne s'installe". Par cette épigraphe, Eran Kolirin place son film sous le signe du conte. Il dit avoir eu à coeur d'exprimer de manière poétique une situation à l'ancrage réaliste. 

C'est à partir de la situation initiale d'encerclement du village qui empêche même les citoyens israéliens arabes de rentrer chez eux, que l'histoire se déroule, du fait des réactions de chacun des membres ou amis d'une famille réunie pour un mariage. L'histoire personnelle de chacun détermine en effet son comportement, souvent impulsif. Le personnage principal, Sami, qui croyait s'être libéré de ses racines et devoirs familiaux, est mis en face de ses contradictions et les faits de résistance de tous les personnages ont souvent à leur base des sentiments de jalousie, de la bravache ; l'enfermement est aussi intérieur pour beaucoup. Mais le réalisateur porte sur ses personnages le regard bienveillant qu'il avait déjà dans La visite de la fanfare. Et comme dans ce précédant film, les scènes comiques alternent avec les scènes poignantes ou tragiques. Mais les rêves de fraternité de La visite, quinze ans après, semblent bien loin. De l'armée israélienne on ne voit qu'un jeune soldat sympathique et cultivé, par qui, néanmoins, le drame final arrivera. La lumière du matin, celle que le titre biblique du film affirme, on la désire après les nombreuses scènes qui se déroulent la nuit, à la lueur des bougies imposées par les coupures d'électricité.

Souvent l'action qui se déroule n'est pas filmée, le réalisateur ne s'intéresse qu'aux témoins. Et, dit-il, pour " les séquences où se joue quelque chose de fort émotionnellement, j’avais besoin de placer la caméra à distance. Car il m’importe de toucher les cœurs, mais pas de les prendre d’assaut." 

Christine Champeaux

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