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Fiche technique :
Réalisation et image : Dieudo Hamadi. Son : Sylvain Aketi et Dieudo Hamadi. Montage : Hélène Ballis et Catherine Catella. Musique : Les zombies de Kisangani. Production : Kiripifilms, Les films de l’oeil sauvage. Distribution : Laterit.

En route pour le milliard (Documentaire)

France, République démocratique du Congo, 2020, 89min.

Réalisation : Dieudo Hamadi

Biographie :

Documentariste congolais né en 1984, il a déjà réalisé 4 longs métrages qui sont un témoignage exceptionnel sur la réalité congolaise contemporaine: les élections -Atalaku-, meilleur 1er film au cinéma du réel (2013); le système scolaire -Examen d’état- grand prix Fipadoc (2014); la violence contre les femmes et les enfants -Maman Colonelle- Grand prix du cinéma du réel (2017); la mobilisation politique -Makambo (2018).  

Résumé :

1734 km sur le fleuve Congo: une incroyable épopée pour réclamer justice. Sola, Modogo, Mama Kashinde, Papa Sylvain, Bozi, Président Lemalema... font partie de l’Association des victimes de la Guerre des Six Jours de Kisangani, qui a opposé les armées ougandaise et rwandaise, et demandent réparation depuis 20 ans pour les préjudices subis. Excédés par l'indifférence des institutions à leur égard, ils décident de se rendre à Kinshasa pour faire entendre leurs voix.

Analyse :

En juin 2000, pendant la guerre des Six jours, plus d’un millier de de civils ont été tués et plusieurs milliers d’autres blessés ou mutilés. Condamnés en 2005 par la Cour internationale de justice à payer des dédommagements, les belligérants ne l’ont jamais fait et la RDC n’a pas pris en considération les revendications des victimes. Désireux de raconter cette histoire effacée des mémoires, le réalisateur va accompagner ces personnes dans leur quête d’une écoute à Kinshasa, en prenant les mêmes risques qu’eux pendant un mois et demi sur le fleuve Congo, dans une embarcation rudimentaire simplement bâchée. Le début du film se déroule à Kisangani, inauguré par une scène d’ouverture forte et poétique qui est une représentation théâtrale où figurent des protagonistes rayonnants d’énergie et de combativité malgré leurs mutilations. L’extraordinaire sentiment de dignité et d’humanité qu’ils dégagent se poursuivra pendant le long périple fluvial ainsi qu’à l’arrivée à Kinshasa où ils vont découvrir la réalité de leur pays et de sa capitale, l’insensibilité des dirigeants, et l’indifférence de leurs compatriotes. Néanmoins ce qui a compté dans cette épopée, c’était cette envie de se battre; et ce qui restera, c’est d’avoir rendu témoignage du courage et de la force vitale de chacun des membres de cette troupe, qui forcent l’admiration et le respect du spectateur, et s’expriment aussi par les moments de théâtre qui émaillent le récit. Le réalisateur se situe délibérément dans la tradition du cinéma direct et militant et sa caméra au poing se confronte aux mêmes difficultés que les protagonistes - l’exiguïté du bateau de fortune qui les transporte, les tempêtes qui s’abattent sur l’équipage et bientôt la brutalité des forces de l’ordre à Kinshasa.

Jean-Michel Zucker

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