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Fiche technique :
Réalisation : Jacques Audiard – scénario : Jacques Audiard, Céline Sciamma et Léa Mysius, d’après la bande dessinée Les Intrus d’Adrian Tomine – photographie : Paul Guilhaume – montage : Juliette Welfling – musique : Rone – production : Page 114, France 2 Cinéma – distribution France : Memento Distribution.

Avec :
Lucie Zhang (Emilie) – Makita Samba (Camille) – Noémie Merlant (Nora) – Jehnny Beth (Amber Sweet).

Les Olympiades

France, 2021, 105min.

Réalisation : Jacques Audiard

Biographie :

Né en 1952 à Paris, fils de Michel Audiard, Jacques Audiard s’est fait connaître dans le monde du cinéma avec Regarde les hommes tomber, un film noir très original, avec Mathieu Kassovitz et Jean-Louis Trintignant, qui lui vaudra le César du Meilleur premier film en 2001. Suivront d’autres films chocs avec De battre mon cœur s’est arrêté (2005), Un prophète (2009), De rouille et d’os (2021) et Dheepan, en 2015, couronné de la Palme d’or à Cannes. En 2018 il s’attaque avec succès au western avec Les frères Sisters.

Résumé :

Emilie fait partie de la diaspora chinoise du 13ème arrondissement de Paris, elle a fait Sciences Po mais enchaîne des petits boulots de télévendeuse ou de serveuse de restaurant. Nora est provinciale, a travaillé 10 ans dans une agence immobilière à Bordeaux et est montée à Paris pour reprendre des études de droit à Tolbiac. Avec elles ou entre elles, Camille, un grand et beau garçon noir, professeur certifié de littérature qui prend une année sabbatique pour préparer l’agrégation mais n’est plus très sûr de vouloir continuer l’enseignement.

Analyse :

Voilà donc Jacques Audiard dans une comédie sentimentale, là où on ne l’attendait vraiment pas, même s’il nous avait déjà prouvé qu’il pouvait changer de genre cinématographique avec son dernier film, un western, Les frères Sisters. Fini les prisons, les bandes et les héros machos, nous voici au cœur des tours du 13ème arrondissement de Paris à suivre les aventures amoureuses de deux jeunes femmes, Emilie et Nora et de leur ami Camille. Un marivaudage à la mode du 21ème siècle, c’est-à-dire que l’on couche d’abord et que l’on se demande ensuite si l’on éprouve un sentiment pour l’autre. « Ça a débuté comme ça » annonce le premier titre : « comme ça », cela signifie qu’Emilie découvre que la Camille à laquelle elle a proposé une colocation est en fait un Camille et qu’après quelques minutes d’hésitation, le dit Camille se retrouve accepté et dans le lit d’Emilie. Des jeunes qui semblent « cool », comme le dit Emilie, ou, comme le dit aussi Camille, « qui compensent une activité professionnelle décevante par une intense activité sexuelle ». Une jeunesse à la fois libérée et mal dans sa peau mais qui finalement se révèle sentimentale comme au bon vieux temps, même si l’amour prend des détours inattendus. Ainsi Nora, en s’affublant d’une perruque blonde pour une soirée étudiante, est prise pour une certaine Amber Sweet, qui monnaie ses charmes en vidéo sur internet. Devant le déchaînement de messages qui suivent, elle ne trouve d’autre issue que de quitter la fac, mais intéressée par ce personnage, elle entre en contact avec Amber Sweet et tombe finalement amoureuse de cette professionnelle virtuelle.

On se trouve, on se quitte, on en trouve une autre, on revient à la première, comme dans La ronde de Max Ophuls, mais, au-delà de cette comédie sentimentale, Audiard photographie la société dans laquelle évoluent ses héros, leurs familles, plus ou moins proches, et un quartier. Un quartier cosmopolite où immigrés et provinciaux se mélangent, un quartier magnifiquement filmé. Les tours, le béton des Olympiades, photographiés dans un beau noir et blanc, forment un décor superbe en parfaite adéquation avec l’histoire.

Jacques Champeaux

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