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Fiche technique :
Réalisatrice: Emmanuelle Bercot. Scénario: Emmanuelle Bercot et Marcia Romano. Image: Yves Cape, Mathieu Caudroy. Son: Pierre André. Montage: Julien Leloup, Yann Dedet. Musique: Eric Neveux. Production: Les films du Kiosque. Distribution: Studio Canal.

Avec :
Catherine Deneuve (Crystal), Benoît Magimel (Benjamin), Dr Gabriel Sara (le Dr Eddé), Cécile de France (Eugénie).

De son vivant

France, 2021, 122min.

Réalisation : Emmanuelle Bercot

Biographie :

Née en 1967, élève au cours Florent puis à la Femis, elle est d’abord actrice, puis réalisatrice à partir de 1995. La tête haute fait l’ouverture du festival de Cannes 2015 et elle reçoit le prix d’interprétation féminine pour son rôle dans Mon roi de Maïwenn. La fille de Brest (2016) - adaptation du livre Mediator 150 mg : combien de morts ? de la pneumologue Irène Frachon - a été bien accueilli. De son vivant est son 6ème long métrage.

Résumé :

Un homme jeune, atteint d’un cancer de haute gravité, la souffrance d’une mère face à l’inacceptable, Le dévouement d’un médecin et d’une infirmière pour les accompagner sur l’impossible chemin. Une année, -quatre saisons- pour apprivoiser la maladie, et rester vivant jusqu’au bout.

Analyse :

Il s’agit d’un sujet grave dont on peut penser qu’il n’est pas abordable au cinéma sous la forme d’un documentaire. Toute fiction sur ce sujet est cependant ambitieuse ou téméraire et il est difficile d’éviter l’écueil de la mélodramatisation. Le propos du film est d’évoquer, depuis le diagnostic jusqu’à la fin de vie, l’accompagnement par sa mère et l’équipe soignante d’un homme qui se bat contre une maladie encore incurable de nos jours. Benjamin - Benoît Magimel, à la fragilité convaincante- se voit découvrir un cancer du pancréas métastatique qui ne lui laisse que quelques mois à vivre. Il enseigne par ailleurs avec passion le métier d’acteur et prépare un groupe de jeunes gens aux concours. Après une courte phase de déni et de refus de la chimiothérapie qui lui est proposée il accepte l’hospitalisation. Auprès de lui, Crystal sa mère -Catherine Deneuve au visage et au regard bouleversés- occupe maladroitement toute la place et ne quitte pas cet homme sans compagne et sans enfant. L’intérêt principal du  film -né d’une rencontre entre la réalisatrice et le charismatique Dr Gabriel Sara, médecin oncologue libanais et directeur de l’unité de chimiothérapie à l’hôpital Mount Sinaï de New York- est de souligner la qualité du travail d’équipe mis en oeuvre par celui-ci qui joue son propre rôle, celui du  Dr Eddé qui a réfléchi aux besoins du patient atteint de maladie grave et à ceux de l’équipe soignante en charge de tels malades. Le Dr Eddé a mis au point une méthode empathique qui, à l’écoute d’un patient à qui il offre, avec son accord, d’accéder à la vérité de sa situation médicale, prend soin également d’une collectivité soignante durement éprouvée par la finitude des femmes et des hommes dont elle s’occupe. C’est là à vrai dire cet aspect documentaire qui à travers le partage des émotions qu’il permet, est la seule justification du film. En effet, les diverses idées scénaristiques qui émaillent le parcours de Benjamin confronté à sa mort prochaine - séances d’enseignement théâtral tant qu’elles sont encore possibles, comportement immaîtrisé de l’infirmière Eugénie à son contact, réapparition d’un fils adolescent venu d’Australie- ressortissent davantage d’une surcharge fictionnelle destinée à stimuler l’émotivité du spectateur, et détournent son attention de l’authenticité de la souffrance de Benjamin et de l’impuissance des soignants.

Jean-Michel Zucker

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