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Fiche technique :
Réalisation : Ridley Scott ; scénario, Sara Gay Forden, Becky Johnston, Roberto Bentivegna ; image, Dariusz Wolski ; montage, Claire Simpson ; musique, Harry Gregson-Williams ; distribution France, Universal Pictures International France.

Avec :
Adam Driver (Maurizio Gucci), Lady Gaga (Patrizia Reggiani), Al Pacino (Aldo Gucci), Jeremy Irons (Rodolfo Gucci), Jared Leto (Paolo Gucci), Jack Huston (Domenico De Sole), Salma Hayek (Pina Auriemma).

House of Gucci (La saga Gucci)

Etats-Unis d'Amérique, 2021, 157min.

Réalisation : Ridley Scott

Biographie :

Ridley Scott (Grande Bretagne 1937-) devint, après des études d’art, chef opérateur à la BBC puis chef décorateur avant de passer à la réalisation (1977, Les Duellistes). Parmi ses œuvres les plus connues : Alien (1979), Blade Runner (1982), Thelma et Louise (1991), Gladiator (2000), ou plus récemment Seul sur Mars (2015). La saga Gucci est son 29° long métrage.

Résumé :

Fils d'un éleveur de bœufs toscans devenu maroquinier, Rodolfo et Aldo Gucci ont fait de l'entreprise un empire de la mode, mais leurs fils respectifs Maurizio et Paolo semblent aussi incapables l'un que l'autre d'assumer l'héritage. L'arrivée et l'ambition de la 'roturière' Patrizia Reggiani, qui épouse Maurizio, provoque un tsunami familial et financier par lequel tout est bouleversé.

 

Analyse :

Un réalisateur de prestige et une brochette de brillants interprètes, cela promet. Mais après cent ans de cinéma et de films noirs, l'histoire vraie qui fonde le film n'a plus rien de bien neuf. Ridley Scott, sans surprise, a choisi d'aller chercher du spectaculaire pour séduire, mais il bute ici sur un scénario souvent trop lent et prévisible, au démarrage poussif. Il y a cependant de quoi se distraire avec ce portrait d'un milieu de luxe et de pouvoir où de violentes passions se déchaînent.

Des oppositions de caractères forment le canevas du trampolino sur lequel rebondit l'intrigue. Citons le contraste absolu entre le longiligne Adam Driver et la courte et ronde Lady Gaga, lui tout en flegme et retenue, elle toute en explosions et exagérations ; de même pour les deux frères Gucci, Rodolfo s'évertuant à s'anoblir par l'apparence et les attitudes, Aldo assumant son statut de nouveau-riche jusqu'au look de ses compagnes. Du clown et cousin Paolo, artiste pleurnichard méprisé par son entourage, je dois avouer en outre que, non prévenu, j'aurais été prêt à apprécier les créations!Quant au suprêmement digne et rassurant Domenico Del Sole, l'image d'homme compétent à l'abri de toute turpitude qu'en a construite le réalisateur augure favorablement du durable succès de la marque.

Un à-coté grinçant est fourni par la voyante et gourou Pina, auprès de qui Patrizia trouve vite une oreille attentive et une épaule secourable, sinon désintéressée. L'aveuglement de la fille devenue riche envers sa semblable qui ne l'est pas encore ne frappera que les observateurs imperméables aux fake news. Et la vision de classe qu'exprime sans ambiguïté le patriarche Rodolfo lorsque son fils lui présente sa dulcinée trouve sa confirmation dans l'impressionnante médiocrité que celle-ci révélera à travers les lamentables exécutants à qui elle confie sa destinée.

Jacques Vercueil

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